Comment les Falcons ont-ils vécu la défaite lors du Super Bowl LI ?


Alors que le Super Bowl LII aura lieu le 5 février prochain, la presse américaine a suivi au plus près les Falcons d’Atlanta suite au désastre vécu lors du dernier Super Bowl LI (défaite 34-28 après avoir mené de 25 points durant le troisième quart-temps). De la gestion émotive de l’événement aux moyens mis en œuvre pour panser les plaies et aller de l’avant, itinéraire d’une année particulière et riche en enseignements.

Steve Kerr a attendu une semaine avant d’envoyer un message à Dan Quinn. Il savait mieux que quiconque que le coach des Falcons allait recevoir des dizaines de messages de soutien – Kerr en a reçu une cinquantaine après la défaite historique des Golden State Warriors contre les Cleveland Cavaliers alors qu’ils menaient 3-1 lors des Finales NBA 2016. Sauf que la dernière chose qu’un homme abattu souhaite entendre, c’est que les gens expriment leur empathie. Il la rejette, l’exècre. Durant ses premiers jours de traumatisme, Kerr avait trouvé le réconfort auprès de son groupe car ses joueurs savaient exactement ce qu’il ressentait. Et Quinn a fait la même chose.

Pendant que les Patriots ont célébré jusque tard dans la nuit leur come-back historique lors du Super Bowl LI, les Falcons ont passé la leur sur trois étages à l’hôtel Westin, un hôtel haut de gamme au cœur de Houston. La fête post-Super Bowl était planifiée. Bon, ce n’était pas vraiment la fête puisque tout le monde était désemparé. Mais il y avait encore ce besoin d’être entouré, d’être autour de l’équipe, d’être accompagné par la famille et les amis pour digérer ce qu’il venait de se passer. Certains n’ont pas été bouleversé avant quelques jours, d’autres avant quelques semaines. Le kicker vétéran Matt Bryant était dans sa maison au bord de la plage dans l’Alabama quand la défaite l’a finalement anéantie.

Si les Falcons avaient perdu le Super Bowl à l’automne dernier, Dan Quinn aurait peut-être mieux digéré la défaite. Pourquoi ? Sûrement parce que Kerr lui aurait envoyé un message avec un aperçu sur la manière dont il a lui-même surmonté son titre perdu en 2016. Car lors de la saison 2016-17, les Warriors ont de nouveau affronté les Cavaliers en Finales NBA et cette fois, ils les ont battu à plate couture (4-1). Si bien que désormais, Kerr possède sept bagues de champion en tant que coach et joueur. Néanmoins, il regrette toujours d’avoir perdu la seule finale de sa carrière. « Je pense que certains matchs, certaines finales, restent probablement en vous pour toujours. Cette défaite ne quittera jamais Dan et tous ses gars, affirmait Kerr pour ESPN après l’échec des Falcons. Mais vous savez quoi ? C’est la vie, et vous devez vous remettre au boulot très rapidement, sortir avec votre famille, aller voir votre fils à son match de baseball, voir un film avec vos amis, aller au bar et commencer à vivre à nouveau. Vous devez vous dire que ce n’est pas la fin du monde même si certaines personnes souhaitent que vous le viviez comme tel. Mais vous ne pouvez pas mener votre vie de cette façon. Si vous ressentez que c’est la fin du monde, vous ne serez pas heureux. Donc vous faites la gueule, vous vous éternisez sur la défaite un moment, puis la vie continue. »

Durant cette saison, le plan était de voir si les Falcons étaient encore touchés par la défaite. S’ils étaient capables de se relever du plus grand come-back de l’histoire du Super Bowl. Il était question de voir si la vie continuait. Y avait-il des querelles internes, des reproches ? La dernière équipe à avoir souffert d’une défaite aussi dévastatrice au Super Bowl, c’était Seattle en 2014. Quinn était alors le coordinateur défensif des Seahawks (les Patriots tenaient encore une fois le rôle du bourreau). Quinn a passé trois ans sous l’égide de Pete Carroll donc il était naturel qu’il apporte un peu de Carroll avec lui aux Falcons : une défense agressive, fière et soudée. Mais aucun système n’est parfait et après deux saisons, les Seahawks peinent encore à se relever de la défaite du Super Bowl XLIX.

Les Falcons connaîtront-ils également cette « fracture » ? Vous n’obtiendrez pas de réponse directe de Dan Quinn parce qu’il ne veut plus en parler. Il a bien voulu réouvrir cette blessure lors du Combine NFL, ensuite lors de meetings avec les propriétaires, puis avec les médias locaux durant la offseason. Il a déclaré aux journalistes qu’il avait revu le match au moins 10 fois et qu’il avait décortiqué chaque snap dans les moindres détails. Depuis, il ne veut plus en entendre parler pour que ses joueurs aillent de l’avant. Et comment le feraient-ils s’ils continuent de ressasser le passé ? Désormais, l’objectif est simple selon ses dires : forger l’équipe d’une culture inédite tous sports confondus au sortir de la pire défaite dans l’histoire de la NFL. Pour cela, il a pioché dans le cerveau de personnes qui réussissent comme Kerr, Joe Maddon, le manager des Chicago Cubs en MLB et Terry Francona, le manager des Cleveland Indians. Tous sont revenus de défaites démoralisantes. Ces deux dernières saisons, les Falcons ont fait venir d’anciens Navy Seals pour parfaire l’enseignement des joueurs sur le travail d’équipe et la notion de responsabilité. Dans le bureau de Dan Quinn, vous trouverez aujourd’hui une horloge sur le mur qui ne porte pas de chiffres. Chaque heure est remplacée par le mot « now » (maintenant) pour lui rappeler constamment de rester dans l’instant. Comme s’il fallait faire les choses encore plus consciencieusement qu’à l’accoutumée.

Mais naturellement, les gens veulent savoir comment il va. Comment ils vont. Cet été, Quinn affirmait pour ESPN : « Il est certain que nous n’allons pas laissé des gens étrangers à ces murs nous dire ce que nous sommes supposés ressentir. Vous ne jouez pas. Les gens qui écrivent sur nous (les journalistes) ne jouent pas. Ceux qui jouent, c’est nous, et c’est notre saison. Et on aborde cette saison 2017 comme des morts de faim. Et ça n’a rien à voir avec 2016. Ce n’est pas une tournée rédemptrice. Il s’agit de voir à quel point on peut obtenir ce qu’on veut. »

C’est le destin, peut-être, que cette débâcle ait touché l’un des stratèges NFL les plus positifs. Quinn n’a pas eu beaucoup de mauvais jours dans sa carrière. Dans une autre vie, il aurait été ce militaire, ce gars avec le clairon qui réveille tout le monde, convaincu qu’il s’agit d’une journée magnifique. C’est ce qui avait attiré Kerr d’aller voir Quinn après sa première saison à la tête des Warriors. Il s’était rendu à Seattle pour le training camp des Seahawks en 2014 et avait adoré leur énergie, leur esprit de compétition et de voir à quel point chaque entraînement était un plaisir pour chacun. Chaque jour, même s’il s’agissait du training camp, Quinn semblait enthousiaste. C’est le genre de personne qui voit toujours le verre à moitié plein mais qui peut aussi faire preuve de radicalité si un membre de son groupe fait quelque chose qui va à l’encontre des intérêts de l’équipe.

Durant la première saison de Quinn à la tête des Falcons, l’équipe avait obtenu un bilan de 8 victoires et de 8 défaites. A la fin de la saison, il avait réalisé qu’il avait besoin de travailler davantage sur la construction de l’équipe. Il avait vu deux joueurs échanger leurs numéros de téléphone avant de quitter l’équipe pour la offseason. Quinn avait halluciné que deux joueurs qui avait joué la même position ne s’étaient pas échangé plus tôt leurs numéros.

Donc il a bousculé les habitudes des vestiaires en placardant des formules de motivation et en mélangeant les joueurs offensifs, les joueurs défensifs et les kickers. Quelques vétérans étaient sceptiques au début comme le Guard, Chris Chester, car « l’aspect business du football vient contredire la « fratrie » qu’on souhaite voir dans le vestiaire, confiait-il pour NFL.com. Parce que vous savez qu’après le training camp et les OTAs (les activités de l’équipe durant la offseason – entraînements, meetings, etc.), tout le monde ne fera pas partie de l’équipe. » Chester connaît parfaitement les lois du milieu et les turpitudes du training camp. Il a joué quatre saisons tumultueuses à Washington et a cherché l’harmonie d’Atlanta. Et il a adopté Quinn. Jusqu’à présent, il n’avait jamais vu une équipe qui, après s’être frappé à l’entrainement, devait noter comment tel gars l’avait battu dans telle situation. Chester pouvait ainsi demander conseils au defensive end Dwight Freeney sans que cela ne paraisse étrange. Il pouvait aussi aller vers le jeune defensive tackle Grady Jarrett sur ce qui le rend vulnérable les jours de matchs.

A posteriori, Chester assurait qu’il n’y avait pas de tensions dans l’équipe « parce que chaque joueur a vraiment donné tout ce qu’il pouvait. » Le joueur a pris sa retraite en mars dernier pour passer plus de temps avec sa famille et aujourd’hui, il pense encore au Super Bowl. Comment ne pas y repenser ? « De temps en temps, la douleur est toujours là, comme lorsqu’une pub passe et montre les Patriots célébrer leur titre. Ça me fait un petit quelque chose, dit-il. Si je dis à mes gamins que c’est juste un match, je sais que ça fait mal, mais c’est aussi vrai, c’est juste un match. Je dois vivre avec ça. »

Depuis son arrivée, Quinn a délégué à un groupe de joueurs une responsabilité particulière. Ce groupe a un nom : les Chiefs. C’est un terme militaire bien sûr puisque ça vient des Navy SEALs. Pour Quinn, les Chiefs sont les joueurs qui font respecter les codes de l’équipe aux joueurs du roster. Ils sont chargés de répandre son message. Quinn ne peut pas être partout, et il ne veut pas l’être. Il veut que ses joueurs jouent les uns pour les autres, pas pour lui. Les Chiefs sont votés par l’équipe et cette année le quarterback Matt Ryan a été désigné comme étant un Chief, comme Julio Jones. Mais quelques joueurs moins connus le sont également. Comme le free safety Ricardo Allen, adoré par Quinn pour son leadership. Allen est celui lui qui s’est pointé tôt tous les jours le printemps dernier – sans que ce soit dit – pour servir de mentor au rookie linebacker Duke Riley. Les Chiefs comptent aussi des jeunes joueurs comme le safety Keanu Neal et le linebacker Deion Jones, deux joueurs sophomores et déjà très performants, parce qu’il n’y a pas d’âge pour être un leader. « Un Chief, c’est quelqu’un vers qui tu te tournes, expliquait Quinn en début de saison. Si tu as une question, il est là. Dans notre équipe, les Chiefs sont des facteurs importants dans le développement de cette responsabilité à avoir au quotidien. » « Les Chiefs sont une caisse de résonance pour le coaching staff, le front office et toute la franchise, abonde Matt Ryan, MVP en titre. Mais ils sont aussi chargés de contrôler le vestiaire. Les gars qui sont Chiefs prennent très au sérieux cette responsabilité en étant des leaders et en prenant soin de leurs coéquipiers. »

Par ailleurs, durant cette offseason, le général manager Thomas Dimitroff et Dan Quinn ont réfléchi à quelques idées afin de renforcer la cohésion et la connexion dans l’équipe pour optimiser la performance. Dimitroff est un cycliste passionné qui adore piocher des idées dans d’autres sports. Un jour, il a fait une virée en vélo avec Phil Southerland, PDG de Team Novo Nordisk, une équipe cycliste professionnelle composée uniquement de coureurs diabétiques. Southerland lui a parlé du travail de l’équipe avec Acumen Performance Groupe (APG), une société dirigée par un ancien Navy SEAL qui vise à enseigner à ses clients le leadership et la construction ou le renforcement cohésif d’une équipe par des contraintes mentales et l’entraînement physique. Une idée qui a immédiatement plu au GM des Falcons, persuadé que cette méthode pourrait répondre à la cohésion que lui et Quinn recherchait pour l’équipe.

Le fondateur d’APG, Bill Hart, affirme ainsi : « Ce qu’on dit à un coach, à un manager ou à un propriétaire c’est, ‘je vais prendre en main vos individus très talentueux et je vais vous en faire une équipe unie avec un seul but : qu’ils deviennent une bande de guerriers prêts à aller dans la même direction.’ »

NFL: Atlanta Falcons-Training Camp

Peu de temps après, lors d’une réunion de l’équipe au centre d’entraînement, les Falcons ont été accueilli par un groupe d’anciens SEAL. « J’étais un peu nerveux, comme tout le monde je pense, se souvient Matt Ryan. J’avais regardé le truc du Hell Week sur YouTube et quelques documentaires sur ce qu’ils traversent, ce qu’ils doivent endurer mentalement… Donc je me disais, que va-t-on faire ? »

Hart est un vétéran avec 20 ans d’expérience de la Naval Special Warfare (NSW), expert en langues étrangères et dans les opérations de renseignement. Ce spécialiste en entraînement de formation compte de multiples opérations dans le Moyen-Orient, le Pacifique, en Europe, en Irak et en Afghanistan. Il a également été diplômé d’un doctorat en psychologie générale. Les exercices demandés ont beau être pratiques, ils sont aussi terriblement exigeants pour l’esprit et le corps. L’été dernier, les joueurs ont poussé et fait rouler des roues de poids lourds de plus de 90kg, allant même à créer des courses de relais ou à utiliser les roues pour des flexions synchronisées au sol les pieds perchés. A quel point ces exercices sont-ils difficiles ? « Ici, tous les joueurs sont des professionnels. 10 flexions, ce n’est pas dur, affirme Hart. Mais les faire à un certain rythme, à l’unisson avec l’intégralité de l’équipe, où tout le monde compte en même temps, en commençant l’exercice lorsque vous êtes censés vous arrêtez, vous arrêtez alors que vous étiez prêts à continuer, garder votre dos bien droit, tête levée, là maintenant, ça devient plus délicat. »

D’accord, mais quel est le lien entre lever des bûches de bois de 110kg et le football ? A priori aucun. Et pourtant, il est bien réel. Si un des joueurs ne travaille pas, un autre portera plus de poids, littéralement. « Il ne s’agit pas nécessairement de l’entraînement en soi que vous faîtes, précise Matt Ryan. C’est travailler sur la capacité à rester concentré sur les petites tâches qu’on vous donne. Quand vous terminez l’exercice, vous devez vous assurer que l’intégralité de la ligne est aligné avec le genou gauche au sol et la main droite levée. Puis vous devez répéter une phrase de 10 mots. Et vous devez l’énoncer dans l’ordre exacte. Donc il s’agit de se souvenir de tout ça pendant 3, 5, 7 minutes d’entraînement intense. »

L’objectif est d’arriver au point de rupture. Qu’un joueur soit en difficulté pour que les autres puissent l’aider. Pendant que les joueurs portent les bûches de bois, l’instructeur peut leur demander de chanter ou de raconter des blagues sans avoir la moindre idée du temps qu’ils vont devoir tenir leur effort. Tout cela leur rajoute de la pression, du stress. Donc quand vient le match et que l’un d’eux est en difficulté, chacun sait qu’il peut compter sur ses coéquipiers, et le niveau de confiance augmente.

papier falcons post-SB 3

Mais étant donné que les Falcons ont commencé à s’entraîner avec des SEAL depuis le début de la saison 2016, une question évidente vient à l’esprit : que s’est-il passé lors des situations les plus critiques du Super Bowl LI ?

Les Falcons ont mené 28-3 au milieu du troisième quart-temps. Avec 8:31 minutes à jouer dans le quatrième quart-temps, ils menaient encore de 16 points. En situation de 3ème&1, le jeu de passe appelé s’est transformé en fumble concédé. Lors de la possession suivante, avec 4:40 minutes à jouer, ils ont obtenu une première tentative sur les 22 yards des Patriots et auraient pu gagner le match en marquant un field-goal. Au lieu de ça, ils ont été obligé de punter. La défense s’est écroulée et l’attaque a enchaîné les actions de bêtisiers.

Où sont les fruits de durs labeurs des Falcons après d’intenses entraînements ? Vous savez, ces activités de SEAL qui vous construisent un mental de fer et une résilience dans l’adversité, qui vous apprend à continuer à lutter qu’importe la fatigue et la douleur, et par dessous tout, à FINIR. Où sont passés tous ces concepts ?

« Une performance de qualité ne signifie une performance parfaite, défend Hays. Mais quand les choses tournent mal, il faut avoir cette capacité à identifier ce qui s’est passé, à apprendre de ces erreurs, à faire les corrections nécessaires et retourner sur le terrain, prêt à retourner au combat. Et les gars en sont là aujourd’hui : ils ne s’apitoient pas sur ce qui s’est passé. »

APG a travaillé avec l’équipe en avril, en juin, durant le training camp – et a été une ressource constante pour l’équipe durant la saison. Peut-être que l’entraînement SEAL cette saison permettra aux Falcons de retrouver le Super Bowl après avoir perdu l’édition précédente, exploit qui n’a plus été réalisé depuis les Buffalo Bills de 1993.

« Je pense qu’on a fait de l’excellent travail pour aller de l’avant, relativise Matt Ryan sur l’impact de la défaite du Super Bowl. A commencer par Dan. Je me souviens qu’il est venu me voir après la rencontre pour me dire ‘Quand on sera de retour à Atlanta, va revoir ce match. Fais-le jusqu’au bout. Ressens-le, et ensuite chasse-le de ton esprit. Apprend de ce match, prend des notes, mais maintenant. Fais-le sans traîner.’ Et c’est ce que j’ai fait. » Ryan a revu trois fois le Super Bowl. « La première fois, c’était difficile émotionnellement. La seconde fois je me disais ‘bon, prenons des notes’. Et la troisième fois, je me suis dit ‘laisse moi prendre à cœur ce que m’a dit Dan et regardons ça encore une fois et une bonne fois pour toute.’ Et c’est ce que j’ai fait. »

L’entraînement d’APG met l’accent sur l’importance de s’ajuster sur ce qui ne va pas, comment réagir quand l’inattendu survient. Mais Hart ne s’est pas contenté d’énumérer les poncifs, il a partagé son expérience personnelle avec l’équipe. « J’ai parlé de mon dernier jour en Irak. On était au sommet d’un toit quand soudainement, on a été la cible de tirs nourris. Je suis supposé être dans l’avion dans trois heures, et au lieu de ça, je me fais tirer dessus. Ça ne faisait évidemment pas partie du plan. Donc soit je courbe l’échine et je m’apitoie sur mon sort en me plaignant que ce n’est pas juste, soit je trouve une issue en me disant ‘OK, quel est mon plan de secours ?’ Quand les choses vont mal, j’ai besoin de savoir quoi faire. Bon, commence par faire ça, ça, ça. Retire toi de cette situation et fais en sorte d’avoir ton avion. »

Matt Ryan se souvient de cette scène : « T’es assis là et tu te dis, ‘dire que je pensais être stressé à l’idée de jouer les Chiefs en Week 3’. Et être capable de voir comment ils compartimentent, comment ils sont capables de mettre les choses en perspective et comment ils utilisent des tactiques différentes pour performer au plus haut niveau. Pour moi, cet entraînement était inestimable. »

En dehors du résultat sportif et de cette qualification pour le Divisional Round, s’il fallait prouver au plus grand nombre que les Falcons sont passés à autre chose, remontons au printemps dernier. Durant le courant du mois d’avril, Matt Ryan a organisé un workout informel à l’université de Miami, à Coral Gables, avec la volonté de rassembler toute l’équipe. Rappelez-vous, dans la manière de faire, c’est aussi l’initiative qu’avait choisie Russell Wilson en 2015 après la perte du Super Bowl XLIX des Seahawks face aux Patriots. Plus de 40 joueurs étaient présents. Aussi bien des joueurs offensifs que des joueurs défensifs. Ils ont travaillé ensemble et ont passé du bon temps ensemble. Surtout, pour Ryan, le temps était venu de donner le ton sur ce que les joueurs voulaient faire cette offseason et sur la saison à venir. C’était aussi l’occasion pour le QB MVP, d’habitude discret et peu expansif, de se révéler davantage aux yeux de tous. Cet été, il a participé à une pub pour promouvoir la Gatorade, accompagné par de nombreuses vedettes du sport qui ont évoqué leurs échecs (Michael Jordan, J.J. Watt, Peyton Manning, Eli Manning, Karl-Anthony Towns, Serena Williams, etc.). Et à la question posée par Michael Jordan : « Voulez-vous connaître le secret de la victoire ? », Matt Ryan répond : « La défaite ».

L’été dernier , le training camp des Falcons ressemblait à celui de n’importe quelle autre équipe : les joueurs étaient enthousiastes, chauds et prêts à jouer. Pendant des mois, les journalistes qui ont couvert Atlanta n’ont vu aucun signe de dissensions. Orlando Ledbetter, un beat writer des Falcons de longue date pour The Atlanta Journal-Constitution, n’a pas vu grand chose. Pas d’échauffourées durant le training camp, pas de griefs personnels sous-jacents proférés.

Malgré une saison 2017 avec des hauts et des bas, la qualification des Falcons pour les playoffs tend à démontrer que Quinn continue de travailler sur la culture qu’il veut implanter à l’équipe. L’issue de ces playoffs démontrera surtout si cette culture peut défier l’histoire. Dans cette quête, Dan Quinn a obtenu une nouvelle acquisition durant la offseason. Il s’agit d’une copie géante et encadrée de la parabole des deux loups. Une légende amérindienne qui illustre la difficulté pour chacun d’entre nous de contrôler nos pensées négatives. Celles qui nous hantent et qui peut nous conduire à l’autodestruction. Parce qu’en chacun de nous, une bataille intérieure se livre entre nos pensées négatives et positives. Ainsi, pour enseigner la vie à son petit-fils, la légende raconte qu’un vieux chef indien cherokee a conté pour ce dernier cette fable : « Un combat terrible se produit entre deux loups. L’un est mauvais. Il n’est que colère, envie, tristesse, regret, avidité, arrogance, etc. Et l’autre loup est bon. Il n’est que joie, paix, amour, espoir, sérénité, humilité, bonté, bienveillance, etc. Un combat terrible qui se passe aussi en toi, et à l’intérieur de chacun de nous. Pressé d’en connaître l’issue, son petit-fils lui demande alors : ‘Grand-père, lequel des deux loups va gagner?’ Ce à quoi le vieux cherokee lui répond : ‘Celui que tu nourris.' »

 

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