A Seattle, Marshawn Lynch n’est jamais loin


Si Marshawn Lynch, jeune retraité, n’évolue plus sous les couleurs des Seahawks, le running-back n’a pas encore totalement quitté les siens. Quelle place a-t-il encore dans le vestiaire ? Jayson Jenks, journaliste pour le Seattle Times, a parlé avec quelques-uns de ses anciens coéquipiers pour partager l’histoire de leur choix sur le bonhomme.

Article original : http://www.seattletimes.com/sports/seahawks/ex-seahawk-marshawn-lynch-is-never-far-from-teammates-memories/

Tout a commencé dans un modeste appartement à Flint, dans l’État du Michigan. C’est là où Deadra Whitley, la mère de Thomas Rawls, a raconté la première histoire à propos de Marshawn Lynch. La première fois qu’elle l’a rencontré, elle s’en rappelle très bien. Elle l’a serrée dans ses bras, s’est elle-même dit de ne pas le faire si fermement et lui a ensuite demandé de l’enlacer à nouveau. Elle lui a dit qu’il pouvait l’appeler « Dee », il a refusé. « Je vais vous appeler ‘Maman’ », lui a-t-il répondu.

Mais ça, ce n’est pas la meilleure partie de l’histoire. Quand les Seahawks ont signé Rawls comme undrafted free agent, elle ne cessait de demander à son fils s’il avait bien vu Marshawn. Lorsque ce moment est arrivé, Lynch n’a rien dit. Il a regardé Rawls avant d’aller vers lui et de lui dire : « Je le vois en toi ». Quand la saison dernière Deadra a surpris Lynch rendre une nouvelle visite à son fils (après la blessure à la cheville de ce dernier qui a mis un terme à sa saison, ndlr), c’était pour qu’elle ne se fasse pas de soucis pour lui.

« Dans la façon dont il a parlé à Ty (elle surnomme son fils ainsi) et de voir comment il l’a embrassé, j’étais si ému. Il voulait vraiment l’aider. Il a vu quelque chose en lui. Les gens se trompent quand ils pensent qu’il n’est pas allé à sa rencontre sincèrement. »

Quelques semaines après, Ricardo Lockette a raconté ce qui suit. L’histoire se déroule dans une chambre d’hôpital à Dallas, le jour où sa carrière a pris fin. Il ne pouvait plus bouger son cou. Le lineman offensif Russell Okung était à sa droite, Lynch à sa gauche. Lynch a tellement fait rire Lockette qu’il n’en pouvait plus : « Frère, tu vas me tuer ! Je ne me suis pas encore fait opérer. »

« Il m’a dit : ‘Ne pleure pas. Ne pleure pas parce que Beast Mode ne pleure pas mais si tu pleures, je vais pleurer.’ Je revois la scène, et j’ai aimé ce moment. »

Le journaliste, Jayson Jenks, a demandé à d’autres joueurs des Seahawks s’ils avaient d’autres histoires à partager. Voici ce qu’ils ont dit.

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Cliff Avril, Defensive end

« Ça ne concerne même pas le football. En sachant que je suis haïtien, il m’a mis en contact avec les gens avec lesquels il travaille à travers le monde pour construire des écoles. Il m’a mis en contact avec eux et il m’a dit que si j’avais besoin de quoi que ce soit, que ce soit pour construire une école ou quoi que ce soit d’autre, que j’avais son soutien, qu’il était là. Et il a toujours été là. Il était là lors de deux voyages pour ma fondation à Haïti et il s’est aussi engagé à m’aider pour construire une salle de classe. Un jour, alors qu’on parlait de nos fondations respectives, je lui ai dit : ‘Un jour, j’aimerai construire une école.’ Et quand l’opportunité s’est présentée pour lui, la première personne à laquelle il a pensé, c’était moi. Il m’a présenté et qu’il ait pensé à moi, c’était franchement cool. On fait ces voyages, on parle aux ouvriers, ensuite il s’éloigne et joue au foot US ou au foot avec les gamins. »

Bobby Wagner, Linebacker

« En tant que rookie, vous y allez parfois trop fort à l’entraînement. Un jour, il est venu dans le huddle défensif et m’a dit que j’y allais trop fort et qu’il allait vraiment me rentrer dedans. Après cet entraînement, il est venu me dire : ‘Ne t’arrête pas de faire ce que tu fais. Si tu continues, tu pourrais être vraiment bon dans cette ligue.’ C’était un test pour voir si j’allais me démonter. Depuis ce jour, il a toujours été auprès de moi : ‘Ne sois pas comme les autres linebackers.’ Il a joué contre Ray Lewis, c’était pour me dire que maintenant les linebackers s’éloignent de ces gars-là. Il me le met toujours en tête. ‘Ne sois pas comme les autres.’»

Justin Britt, Centre

« A chaque fois que je vois Marshawn, il me demande toujours comment vont mes enfants. Il a toujours été là lors des fêtes d’anniversaire de ma fille. Ça veut dire beaucoup. Elle ne s’en rend pas compte mais pour moi, ça signifie beaucoup. C’était important qu’il prenne soin de la ‘famille des linemen offensifs’ et qu’il soit présent. Il n’était pas obligé de venir. Je ne le suppliais pas de venir ou quoi que ce soit. Je l’invitais, il prenait la peine de venir de lui-même et il me demande toujours des nouvelles de ma famille. »

Garry Gilliam, Offensive tackle

« C’était l’année dernière, en début d’année, quand on était pas très bien. C’était avant un de nos meetings du samedi, la veille du match. J’étais là, Russell Okung était là, Marshawn aussi, ils parlaient. J’ai oublié exactement de quoi on parlait mais il évoquait sa mentalité et sa façon de rentrer dans son match. Il disait du genre, ‘tu dois juste te dire qu’il faut les baiser, baiser tout ce qui se présente à toi. Tu y vas et t’imposes ta détermination. Peu importe ce qu’ils font, qui ils sont, ce qu’ils sont. Juste les baiser, y aller et leur botter le cul.’ Quand il joue, vous pouvez voir ça. Il se moque de ce qu’il se passe autour de lui, si le jeu est terminé ou non. Son credo c’est : ‘Je les baise. Je m’occupe de mon business.’»

Jon Ryan, Punter

« C’était après un match où Marshawn avait eu quelque chose comme 30 ballons, une tonne de travail et il s’était fait tabassé. J’étais dans le restaurant avec ma mère, lui était avec son oncle et un ami. C’était un restaurant très silencieux. Il n’y avait personne. Ma mère m’a demandé, ‘tu peux me présenter à Marshawn ?’ Je lui ai répondu : ‘Oui, pas de problème. Il s’est fait secouer, il ne veut pas parler maintenant mais je suis sûr qu’il voudra te rencontrer rapidement.’ Puis je suis allé le voir : ‘Marshawn, je te présente ma mère. Elle voulait juste te rencontrer.’ Et moi je voulais le laisser tranquille. Mais Marshawn s’est assis et a parlé avec elle pendant une demi-heure. Après ça, probablement une fois par mois durant les trois années qui ont suivi, Marshawn me demandait des nouvelles de ma mère. »

Doug Baldwin, Receveur

« Durant ma première semaine ici, alors qu’on s’entraînait dehors, je parlais à Justin Forsett. Je connaissais un petit peu Justin, donc on parlait de Stanford. Il m’a présenté à Marshawn et lui a dit ‘C’est un gars de Stanford.’ Et Marshawn a répondu : ‘Mec, j’emmerde Stanford.’ Voilà comment s’est passée ma première rencontre avec Marshawn. Il n’essayait pas d’être négatif ou quoi que ce soit. Il essayait de donner le ton. ‘Je m’en tape d’où tu viens. Montre-moi ce que tu as sur le terrain.’ Il me disait : ‘Ne prend rien pour acquis.’ C’est ce que j’en ai retiré, chaque jour j’ai conscience d’où je viens. Je voyais l’attitude de Marshawn, rentrer dans sa préparation, écouter sa musique à fond. Il m’a inspiré pour être aussi performant. »

Revenons à l’histoire de Lockette dans sa chambre d’hôpital de Dallas. Le receveur lui-même ne la connaît pas dans son intégralité.

« On était là au chevet de Ricardo, tout le monde était triste, se souvient le père du joueur, Earl Lockette Sr. Puis une infirmière est venue dans la chambre nous dire : ‘Je ne connais pas grand chose en football Mr Lockette, mais une personne dehors nous dit qu’il a besoin d’être ici. Il dit qu’il joue avec Ricardo, son nom est Marshawn Lynch.’ Je suis allé dans le hall et Marshawn était là avec ses sacs. Il m’a dit : ‘Je savais que c’était plus grave que ce qu’on m’a dit lorsque je l’ai vu tomber. Je savais que c’était bien plus grave que ça et je ne peux pas le laisser là.’

Ce que Ricardo ne savait pas, c’est que Marshawn a jeté un coup d’oeil rapide dans la chambre et il l’a vu, là, dans le lit, attaché, il ne pouvait pas bouger et Marshawn a pleuré comme un bébé. Je ne vais pas vous dire tout ce qu’il a fait, mais il a pris du recul, en larmes, il est allé le voir et a fait en sorte que mon fils ait la volonté de courir et de sauter.

Et pour couronner le tout, on était au courant de rien. Rien de rien. ‘Combien de temps allez-vous rester ici ?’, nous a demandé Marshawn. ‘On ne sait pas. Tant qu’il ne se lève pas et qu’il ne marche pas, on ne part pas’, lui a-t-on alors répondu. ‘Je vous le dis, ne vous préoccupez de rien.’ Il l’a dit et il l’a fait. Il a pris soin de nous pendant un certain temps et s’est assuré qu’on ne se préoccupe de rien sur tout ce qui concernait les places, le transport, et pour tout ce dont nous avions besoin. »

Assise dans la chambre d’hôpital, la famille du joueur vivait dans l’angoisse, dans l’inconnu sur ce qui allait se passer pour le leur. Ricardo n’avait jamais paru aussi vulnérable. Mais quand Lynch est arrivé, le premier pour papoter et faire des blagues, les Lockette jurent que l’ambiance a changé.

« Il y avait un infirmier. Vous vous souvenez du film avec les Fockers (Mon beau-père, mes parents et moi, ndlr) ? Marshawn voulait l’appeler comme dans le film.

‘ Je crois que c’était Gaylord, non ?’ a-t-il demandé. ‘Hey Gaylord !’

Il l’a appelé comme ça, on ne savait pas de quoi il nous parlait. Il lui disait : ‘Tu connais Gaylord Focker !’ Même l’infirmier se marrait. Il remontait le moral de tout le monde. On oubliait ce dont pourquoi on était là. Il ne voulait partir qu’après l’opération de Ricardo, et on pensait que c’était beau de sa part d’être là. »

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