Le règne d’Antonio Brown


Depuis son arrivée en NFL, Antonio Brown fascine par sa facilité à dompter les défenses adverses. Sa capacité à maintenir une incroyable efficacité en dépit d’un volume important de snaps joués fait du receveur des Steelers une arme redoutable pour l’attaque de Pittsburgh. D’autant que sa trajectoire tend à prendre un nouveau tournant. Portrait.

Ne vous méprenez pas. Malgré ses arrivées ostentatoires en Rolls-Royce customisée à l’heure du training camp et ses célébrations fantasques dans la end-zone adverse, Antonio Brown, 28 ans, est l’un des joueurs NFL les plus ancrés dans la réalité. L’année dernière, lors du premier entraînement de la saison dans un décor de carte postale sur les contreforts des montagnes de Laurel Ridge qui dominent la Pennsylvanie, le co-propriétaire des Pittsburgh Steelers, Art Rooney II, se rappelait du bon vieux temps au Chuck Noll Field. Puis quand le sujet de la voiture black & yellow d’Antonio Brown a fait surface, la mémoire de l’homme de 62 ans a fait un bond de plus de 40 ans en arrière. Il se rappelait d’une autre belle caisse, celle du defensive tackle Joe Greene, futur Hall Of Famer, arrivé à l’époque à Latrobe avec une magnifique Lincoln Continental verte.

Pour comprendre l’allégresse qui émane d’Antonio Brown, il faut remonter à sa prime jeunesse. Brown a grandi dans les quartiers brumeux de Miami dans les années 1990, à Liberty City, là où entre les 14ème et 15ème avenues opéraient encore l’un des gangs les plus violents de l’histoire de la ville, le « John Doe Gang » réputé pour ses meurtres, son trafic de drogue (plus largement pour être la plaque tournante du trafic de cocaïne) et son blanchiment d’argent. C’est dans cet environnement hostile que le jeune garçon a par exemple fait la rencontre de cadavres qui jonchaient le sol à l’aube en sortant de chez lui, et celle d’un homme voler brutalement le sac de son instit’ et fuir aussitôt devant des élèves médusés, traumatisés par ce qu’il venait de se passer. Comme beaucoup d’autres ont essayé de faire avant lui, armé de ses protections et de son casque, Brown a alors cherché par le football une manière de se protéger des pathologies du ghetto. Plusieurs de ses anciennes fréquentations ont été condamnées à perpétuité quand d’autres ont encore aujourd’hui affaire à la justice. Certains sont tombés pour meurtres, d’autres pour braquages, possession d’armes, de drogue et d’autres chefs d’inculpation. Quand on l’interroge sur les raisons pour lesquelles il a fuit l’illicite, sa réponse est limpide : « J’ai vu des amis tomber parce qu’ils ont pris la mauvaise voie. Ça m’a montré ce que je ne voulais pas pour moi-même. »

L’instabilité comme certitude

Antonio Brown est le fils d’Adrianne Moss et d’Eddie Brown, joueur-star du lycée de Miami Central. Ce dernier a 18 ans quand, Antonio, son premier fils, naît. Un an plus tard, il se sépare d’Adrianne et part jouer pour l’université de Louisiana Tech. Il retrouvera Antonio en 1996 avec son petit frère, Desmond. Les deux fils passent quelques mois avec leur père à Albany, capitale de l’Etat de New-York, là où il joue désormais en AFL (football américain en salle). Les garçons ont adoré. Antonio passait son temps à courir sur le terrain des Firebirds avec son père dès qu’il en avait l’occasion. Un père qui marquera 303 touchdowns en carrière et qui sera nommé plus grand joueur de l’histoire de l’AFL. Mais à la fin de l’année scolaire, les enfants ont dû reprendre un vol direction Miami. Eddie ne reverra pas ses fils avant plusieurs années.

Deux membres de la famille d’Antonio ont particulièrement compté dans sa vie. Un de ses oncles avait l’habitude de l’emmener aux entraînements et aux matchs en ligue Pop Warner, une organisation pour les jeunes de 5 à 16 ans avides de football. Mais son ange gardien a toujours été Doris King, son arrière grand-mère, couturière (d’où le goût prononcé pour la mode de Brown aujourd’hui). Si elle est décédée à l’âge de 95 ans quand Antonio en avait 14, elle n’a pas manqué de lui apprendre que « peu importe les difficultés, aie toujours une vision pour toi-même et souviens-toi de cette vision. Souviens-toi de ce que tu veux. » Ce dont il avait besoin à l’époque était un nouvel abri. Sports Illustrated rapporte qu’Antonio n’a jamais eu de parents de l’aveu de ses amis. « C’est la rue qui m’a élevée », leur confiera-t-il. Car après le mariage de sa mère avec son compagnon, à 16 ans, il ne se sentait plus le bienvenu, s’est brouillé avec le nouveau venu et a préféré quitté le domicile. « J’ai dû me débrouiller seul », clamait-il en 2010 pour steelers.com. Brown a alors fait ses nuits dans des endroits différents, entre canapés d’amis, voitures et hôtels miteux pour cumuler les heures de sommeil. Et malgré les turpitudes, le football a toujours été le fil conducteur de sa vie.

A 17 ans, en tant que quarterback du lycée de Miami Norland, il démontre assez de potentiel pour attirer l’attention de coachs universitaires. Des coachs qui ne représentaient pas n’importe quels programmes : Michigan State et Clemson, deux des plus réputés du pays qui le suivent néanmoins avec l’optique de l’envisager dans la position de receveur. Parmi les autres intéressés, l’assistant des Falcons de Bowling Green, Zach Azzanni, qui tentait de recruter des pépites dans le Sud de la Floride. Azzanni, aujourd’hui coach des receveurs à Tennessee, venait de manière répétée mais ne trouvait jamais Brown sur le terrain (il le rencontrera littéralement dans la rue). Et pour cause, les notes du jeune homme n’étaient pas assez bonnes pour qu’il intègre une université renommée. Raison pour laquelle les programmes de Florida State et d’Alcon State l’ont convoité mais ne l’ont également pas accepté. Brown décide alors en 2006 de faire une année à Charlotte à la North Carolina Tech Preparatory Christian Academy où il amassera les stats et une bourse pour les Panthers de Florida International University (FIU) en janvier 2007, un programme pour lequel il ne jouera jamais. Dès février, avant qu’il ne rejoigne officiellement l’équipe, l’université a fini par refuser son admission après qu’une rixe ait eu lieu sur le campus avec quelques coéquipiers et la sécurité. A l’origine, il s’agissait d’un simple différend entre un ami de Brown et un étudiant. Et quand la sécurité est arrivée, les choses se sont envenimées. Un agent a sorti son arme et Brown, devant les faits, a fui, paniqué.

QB-receveur, la transition naturelle

Malgré cet événement, Brown a été approché par le programme de Central Michigan, situé à plus de 2.400 kms du Nord de la Floride où le coach de première année, Butch Jones, venait d’embaucher… Zach Azzanni comme coach des… receveurs. Oui, Azzanni a un marché à lui proposer : ‘Vient à Mount Pleasant (ville de l’État du Michigan) en tant que walk-on (joueur sans bourse d’étude) pour être receveur et une bourse pourrait s’ouvrir à toi.’ Quelques jours plus tard, à une semaine du début du training camp 2007 des Chippewas, Brown arrive sur place sans avoir réellement jouer receveur dans sa jeune carrière. Quel impact peut-il alors avoir ? Jones était sceptique. « Il était dynamique balle en main mais il n’avait aucune idée pour courir ses tracés et pour se défaire d’une couverture homme à homme », a-t-il confié pour ESPN. Il captera tout de même 102 ballons cette saison-là au terme de laquelle il sera nommé dans la freshman All-America Team et obtiendra sa bourse d’étude. Pour son premier jeu, Brown n’aura pas eu besoin de montrer ses qualités de receveur puisqu’il s’agira d’un reverse (jeu renversé, le quarterback fait une passe croisée dans les mains du receveur en mouvement) grâce auquel il obtiendra la première tentative. La première d’une longue série.

Après avoir emménagé dans son appartement en dehors du campus, Brown a fait la visite guidée à son head coach. « Qu’est-ce que c’est que ça ? » lui demande ce dernier à l’étage. « A chaque fois que je vais à la salle de bains, que je quitte l’appartement ou que je dois aller dans ma chambre – 10 à 15 fois pas jour – je fais mes exercices d’appuis rapides. Quel autre receveur fait ça ? » lui rétorque-t-il. Brown avait utilisé des bandages adhésifs thérapeutiques pour confectionner une échelle d’agilité afin de parfaire son jeu de jambes et la qualité de ses appuis. Ce petit travail pluri-quotidien à priori sans importance lui a permis de développer un jeu de jambes exceptionnel qui le caractérise encore aujourd’hui. Sa vitesse de pied lui permet de générer une explosivité unique sur la ligne de scrimmage. Brown n’est pas le joueur le plus rapide de la NFL, mais l’un des meilleurs dans l’art de générer de la vitesse instantanément.

Naturellement, Brown a rapidement été titulaire dans l’escouade offensive de Central Michigan. Azzanni et sa femme l’ont aidé pour qu’il s’habitue au rythme et à la vie universitaire. Il n’a cessé de progresser en accumulant régulièrement les matchs à 100 yards. Son profil a commencé à faire surface, des équipes NFL ont pris note de ses qualités puis lors de la draft 2010 après que 21 receveurs aient été sélectionnés, il a été choisi par les Pittsburgh Steelers au 6ème tour. Sa saison rookie sera modeste avec seulement 167 yards en 9 matchs. Mais lors de sa saison sophomore, il devient le premier joueur de l’histoire de la NFL a accumulé 1.000 yards à la passe et sur les phases de retour de coup d’envoi (punt/kickoff). Pressentant que le jeune homme sera le go-to-guy de Ben Roethlisberger dans les années à venir, les Steelers décident de prolonger son contrat pour cinq ans et 42M$. Et depuis, Antonio Brown affole les stats et les backfield défensifs adverses.

« S’il peut jouer les deux ou trois prochaines années à ce niveau, il sera considéré comme l’un des plus grands receveurs de l’Histoire de la NFL » – Ike Taylor

Son premier fait d’armes aura été le premier avertissement de l’avènement du phénomène. Playoffs 2010, divisional round game. Nous sommes au Heinz Field Stadium de Pittsburgh, les Steelers affrontent les Baltimore Ravens. On joue le quatrième quart-temps, les deux équipes sont au coude à coude (24-24). Il reste seulement 2:07 à jouer sur une 3rd & 19 cruciale sur la ligne des 38 yards des Steelers. En formation shotgun, Ben Roethlisberger trouve son rookie de 22 ans sur une passe profonde. Brown attrape le cuir, le coince comme il le peut sur son casque et lutte avec lui-même le long de la sideline pour manger le plus de yards possibles (58). Une réception unique, insolite, salvatrice. Pittsburgh l’emporte 31-24 et ira jusqu’au Super Bowl.

Depuis, le receveur demande l’attention de tout le monde, à raison. Ces trois dernières saisons, Antonio Brown a fini dans le top 2 des receveurs avec le plus de réceptions et le plus de yards gagnés. Durant la saison 2015, il a fini quatre matchs avec plus de 185 yards (!). Peu auraient prédit de telles réalisations quand le receveur d’1m78 est arrivé dans la ligue. Excepté son ancien coéquipier Ike Taylor, illustre cornerback des Steelers, vainqueur de 2 Super Bowls, qui a perçu le talent du garçon dès le premier entraînement.

« Lors de mes cinq dernières saisons (2010-2014), AB était mon gars, a-t-il confié pour nfl.com. Il travaille dur sur tous les aspects du jeu et on se confrontait chaque semaine à l’entraînement, ce qui nous a rendus meilleurs. Du premier au dernier entraînement, on était ensemble. Il avait faim d’être meilleur de jour en jour et c’est ce que vous voulez voir d’un jeune joueur. Il est fréquent de voir les jeunes se relâcher ou se sentir « en droit de ». Mais ce n’était pas son cas. AB a toujours fait l’effort en plus depuis le début de sa carrière. Il était si intense à l’entraînement, et je pense que mes meilleurs saisons ont eu lieu quand il était avec nous. Les entraînements avec lui étaient durs, honnêtement. Les dimanches étaient plus faciles parce que c’était la qualité de jeu qu’AB apportait tous les jours. Son mouvement latéral et sa vitesse, je n’avais jamais vu ça. Il bat des défenses en double voire en triple couverture par son mouvement, sa sensibilité du jeu et le contrôle de son corps. Il est capable de faire des jeux incroyables, et particulièrement dans une ligue dominée à son poste par des grands gabarits. AB est en train de prouver qu’un joueur de moins d’1,80m avec un très bon savoir-faire et une grande éthique de travail peut devenir un All-Pro. J’ai joué contre un tas de bons receveurs durant mes 12 ans de carrière et le seul joueur que je mets à son niveau, c’est Steve Smith Sr., actuellement 11ème receveur de tous les temps en nombres de yards gagnés (13.932). Maintenant, vu qu’il est en fin de carrière, AB est de loin le meilleur receveur de la ligue. Il travaille sans cesse pour progresser et cela explique pourquoi il connaît un succès rare. S’il peut jouer les deux ou trois prochaines années à ce niveau, il sera considéré comme l’un des plus grands receveurs de l’Histoire de la NFL. »

Un profil atypique

AB est le receveur le plus dominant et régulier en NFL, et c’est déjà pas mal. Dans une ligue où figurent Julio Jones (1,91m, 100kg), A.J. Green (1,93m, 95kg) Dez Bryant (1,88m, 100kg) et Demaryius Thomas (1,91m, 102kg), Brown (1,78m, 82kg) devraient faire partie de ce quintet par défaut. Sauf qu’aucun de ces receveurs ne peut rivaliser avec la production de Brown sur les deux dernières saisons avec 229 réceptions pour 3197 yards et 21 TD. Alors comment se fait-il qu’il soit aussi dominant face à ces big receveurs ? Pour l’ancien receveur NFL, Chad Johnson, « il y a deux gars en NFL qui peuvent s’arrêter brutalement puis réaccélérer à pleine vitesse en l’espace de deux secondes : le numéro 13 de New-York – Odell Beckham Jr. – et Antonio. Il s’agit bien plus que de taille, certains gars qui font 1,95m ne peuvent pas faire ce qu’il fait. » Ochocinco avance donc l’argument technique. « La qualité de ses tracés est incroyable, abonde le coéquipier d’AB, Darrius Heyward-Bey. Il fait 1,78m, il peut jouer sur des tracés extérieurs, intérieurs et courir des tracés très pointus. Il comprend comment faire en sorte d’être ouvert. Beaucoup font exactement ce que les coachs établissent, lui le fait en plus avec un peu de culot. » Richard Mann, coach de receveurs NFL depuis 1982 dit de Brown qu’il est l’un des meilleurs receveurs qu’il ait jamais coaché. « J’ai eu un tas de receveurs, il est difficile de comparer mais je dirais que dans l’exécution du run-and-catch et des tracés en général, il arrive à un point où aucun autre receveur n’a joué comme lui. J’ai eu des gars qui avaient beaucoup de vitesse, mais il a quelque chose de spécial. Tout est spécial chez lui. »

Business is boomin’

Pour d’autres, ce qui le rend si spécial, c’est son éthique de travail. Lors du premier jour du training camp des Steelers en 2015, Antonio Brown était tout sourire. Il ne semblait pas seulement heureux ou content de retrouver les terrains pour une nouvelle saison, il était aussi gonflé à bloc, mort de faim et ravi d’attaquer les exercices tel un agent libre non-drafté prêt à tout prouver pour faire partie du roster plutôt que comme un All-Pro à son prime. « Quand vous avez Antonio Brown qui travaille comme ça, Sammie Coates (alors rookie) n’a pas le choix, affirmait alors Mike Tomlin à la presse. Antonio est un meilleur travailleur que joueur de football. A chaque fois qu’il va sur le terrain, c’est comme s’il pensait que personne ne l’avait vu jouer auparavant. » « Ce qui fait le secret de son succès, c’est que ce qu’il fait lors du 1er snap, il le fait au 101è. C’est pourquoi il est si grand », a exprimé dans la même idée en août dernier DeAngelo Williams, running-back des Steelers.

Brown a fini premier et second de la ligue dans 13 catégories statistiques la saison dernière. Mais pour lui, peu importe, ce n’est jamais assez. « Vous voulez toujours être meilleur. Vous pouvez seulement être pire ou meilleur. Je dois continuer de m’améliorer. La saison dernière ou le passé importe peu. Il s’agit de ce que vous faites maintenant pour aller de l’avant, et ça commence lundi », déclarait-il aux médias avant le début de saison.

Quoique vous lui demandez, il est susceptible de le mener à bien car Brown maîtrise absolument tous les fondamentaux. Dans la capacité à se séparer de son défenseur ? C’est le meilleur. Dans la qualité des tracés ? Il est l’un des meilleurs. Sa qualité de mains ? Parmi les meilleurs. Quand il s’agit de prendre des yards après réception ? Il est peut-être le meilleur. « Il est béni, affirme William Gay, cornerback de Pittsburgh. Les bénédictions qui viennent d’en-haut sont ce qu’elles sont. Combien de fois dans cette ligue vous rencontrerez un gars comme ça. Sérieusement, qui est meilleur ? »

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Un système offensif qui lui sied à merveille

Un aspect du jeu fait également en sorte qu’il le soit : l’attaque des Steelers. La spread offense qui caractérise l’attaque aérienne de Pittsburgh répond à l’armada de receveurs disponibles pour Ben Roethlisberger. Antonio Brown, Markus Wheaton, Darrius Heyward-Bey et Sammie Coates (quand Martavis Bryant n’est pas suspendu) sont si rapides que les défenses adverses doivent les affronter avec une attention toute particulière. Cela amplifie les passes rapides dans le slant et les screen pass.

Dans ce cadre, le meilleur all-around receveur de la ligue est le moteur du jeu de passe létal des Steelers. Non seulement Brown peut courir avec la même précision et la même vitesse n’importe quel tracé – à l’instar d’Odell Beckham Jr. – mais il a aussi cette capacité à savoir improviser lorsque l’appel de jeu initial est voué à l’échec. Une donnée vitale pour Roethlisberger, car stopper Brown paraît impossible. « Croyez-moi, dans beaucoup de situations, je sais où il va aller et il y en a d’autres où on improvise et où on fait des choses incroyables », déclarait à ce propos Big Ben avant le début de saison. Combien de fois ses coéquipiers ont profité de l’attention qu’il suscitait pour être ouvert et faire leurs jeux ? Combien de fois Brown a-t-il été confronté à une double couverture la saison dernière quand les défenses ont compris qu’il était inarrêtable en couverture homme à homme ? Le système défensif mis en place contre lui était simple : un cornerback en homme à homme en trail man coverage (chargé de le suivre à la trace) avec un safety en aide profonde. Une défense ne peut pas prêter plus d’attention à un receveur qu’en jouant de la sorte.

Objectif 2000

Brown a connu une saison 2015 de tous les records. Il a établi un record de la franchise avec ses 136 réceptions pour 1834 yards. Lors de 9 matchs il est parvenu à atteindre les 100 yards et il est devenu le premier joueur de l’histoire de la ligue avec deux saisons consécutives à plus de 125 réceptions. Avec 95 réceptions et 1262 yards cette saison, Brown deviendrait le receveur le plus prolifique de l’histoire sur une période de quatre ans. Mieux que les Hall Of Famers Jerry Rice ou Marvin Harrison sur la période. Brown a aussi la possibilité d’envisager un autre exploit : passer la barre des 2.000 yards gagnés à la passe. Seuls Calvin Johnson (1,942 yards en 2012), Julio Jones (1,871 yards en 2015) et Jerry Rice (1,848 yards en 1995) s’y sont rapprochés.

La saison dernière, il lui a manqué 166 yards. Et encore, c’était parce que Big Ben avait manqué 4 matchs pour cause d’une entorse au genou. « Il s’améliore tous les ans, clamait Todd Haley, coordinateur offensif des Steelers, avant le début de saison. Je n’ai vu aucun signe qui puisse me dire que ce ne sera pas à nouveau le cas cette saison. Ses objectifs sont d’être le meilleur et peut-être le plus grand. Cela demande qu’il reste en bonne santé et d’avoir un peu de chance ici ou là, mais il veut être le meilleur et se prépare pour. » On en doute pas.

Romain Laplanche

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