Draymond Green, l’ultra-polyvalent


Il mène les Warriors en passes décisives et en passes/match devant Stephen Curry. Il a longtemps mené la NBA en triple-double devant Russell Westbrook et Rajon Rondo. Il mène tous les joueurs intérieurs en total de ballons touchés devant Blake Griffin et LeBron James. Il est le premier joueur à accumuler 9 rebonds et 7 passes de moyenne dans la même saison depuis Grant Hill en 1997. Il peut être décrit par l’ensemble des termes suivants : petit intérieur, protecteur de cercle d’élite, point forward, stretch forward, candidat au titre de défenseur de l’Année (il a finalement été second), candidat à faire partie de la All-NBA First Team, de la All-Defensive First Team et incontournable All-Star en 2016.

Article original : http://www.si.com/nba/2016/01/05/draymond-green-golden-state-warriors-stephen-curry-luke-walton

S’il était précieux en 2015 dans la quête du titre, Green a encore progressé de manière significative cette saison en améliorant ses stats tout en ayant davantage de responsabilités (14 points/match, 9.5 rebonds/match, 7.4 passes/match). Des responsabilités qui ont porté leurs fruits puisqu’il a obtenu son premier prix du Joueur de la Semaine le 4 janvier dernier en quatre ans de carrière. Lors du match qui a suivi, il a délivré son troisième triple-double consécutif lors du blowout contre les Hornets (111-101).

Sports Illustrated avait classé Draymond Green à la 16ème place lors de son top 100 en août dernier. Une décision qui avait levé quelques objections. Il est actuellement classé n°3 selon son plus-minus et n°8 selon son Offensive Win Share. Les Warriors ont une évaluation spectaculaire de +20.6 quand il est sur le terrain. Curry reste le meilleur joueur de Golden State et le plus important, mais à l’heure actuelle, la plupart des équipes ne disposent pas d’un joueur aussi habile, influent, fiable et complet que Draymond Green. Besoin d’être plus convaincant ? Sa moyenne à 14/9/7 a seulement été approché par 7 joueurs dans l’Histoire de la NBA. Il s’agit des Hall Of Famers Wilt Chamberlain, Magic Johnson, Larry Bird, Oscar Robertson, John Havlicek, Grant Hill et Fat Lever. Draymond Green n’est pas juste ce joueur qui est à la fois un scorer fiable, productif au rebond et un playmaker viable. Là est la plus grande part de ses progrès cette saison et cela demande quelques explications.

Green joue plus et crée plus

Le rôle de Green en tant que passeur a connu une véritable évolution et celle-ci ne s’explique pas simplement par son rôle plus important. C’est sa capacité à créer qui a considérablement évolué lors de ses deux dernières saisons. Une capacité a créer qui a davantage évolué que son temps de jeu. Lors de la saison 2013-2014, quand il était encore le backup de David Lee sous Mark Jackson, il touchait la balle à peu près aussi souvent que des joueurs de quatrième ou cinquième option tels que Wesley Johnson (Clippers) et Marvin Williams (Hornets). La saison dernière, dans un rôle de starter sous Steve Kerr, Green recevait le ballon aussi souvent qu’un big man All-Star comme le sont Marc Gasol et Chris Bosh. Cette saison, sous Luke Walton et Steve Kerr, Green touche la gonfle aussi souvent que des joueurs dominants, des meneurs All-Stars tels que Chris Paul et James Harden. Rien que ça.

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Green prend des décisions rapidement

Ce qui est appréciable chez Green, et spécifiquement avec les Warriors, c’est que la balle circule, toujours. La meilleure comparaison sur l’utilisation du ballon, on peut la faire avec Blake Griffin, l’ailier fort des Clippers. Un autre intérieur autorisé à tout faire, le seul à figurer dans le top 25 des joueurs qui ont le plus le ballon. Green et Griffin gardent le ballon moins souvent que leurs partenaires du backcourt. Ils ne vont pas monter le ballon et sont rarement ceux qui pilonnent dans le périmètre. Il faut dire que Green prend énormément de décisions rapides, souvent en une fraction de seconde. Chacune de ses prises de balle dure moins de deux secondes pour une moyenne de seulement 1.1 dribble/balle. Avec Green, il n’y a pas de temps à perdre.

Green est brillamment utilisé

Les passes rapides de Green sont devenues un élément fondamental de la meilleure attaque de la ligue. En voici quelques exemples. Tout d’abord, le terme « stretch forward » (l’intérieur qui joue au large) n’explique pas complètement le rôle offensif de Green. S’il est à l’aise dans le périmètre et pour shooter derrière l’arc, il est souvent en position d’attaque avec une défense adverse exposée quand il reçoit la balle. Dans ces situations, Green a plusieurs solutions : il peut aller au cercle, tenter un de ces move favoris, celui de driver pour mieux délivrer une passe au joueur libre ou chercher le alley-oop. Toutes ces options ont constamment produit des points pour les Warriors.

Ici, Curry attire deux adversaires, Green attaque un troisième défenseur pour créer un tir ouvert à trois-points dans le corner pour Ian Clark. Notez que Green ne fait qu’un dribble et prend très peu de temps lors de l’action. Notez aussi qu’il le fait en un mouvement et tout en contrôle. Son jeu de corps explique aussi la réussite de cette création de passe.

Ici, une action similaire. Encore une fois, Curry attire deux défenseurs, Green, ouvert, attaque le cercle en situation de 4 contre 3 et lance une offrande à Andrew Bogut une fois que ce dernier parvient à se démarquer de son défenseur. Green n’a besoin que d’un dribble et de très peu de temps pour désarçonner la défense.

Ici, encore une fois, une autre action similaire même si cette fois Green reçoit le ballon suite à une prise à deux sur Curry. Dans cette situation, la réponse naturelle pour la plupart des big men serait de paniquer, de la remettre le plus rapidement possible, de la donner à n’importe qui pour qu’il joue le un-contre-un. Au lieu de ça, Green se tourne calmement, étudie ce qu’il se passe tel un meneur de jeu et trouve Klay Thompson qui vient couper pour aller au dunk. Draymond Green n’a pas usé du moindre dribble sur cette passe.

Exactement la même situation au TD Garden contre Boston. Nouvelle prise à deux sur Curry, ce dernier la transmet à Green seule en tête de raquette. Il va au cercle dans une nouvelle situation de 4 contre 3, attire un défenseur dans la raquette et trouve une brèche pour un dunk facile d’Andre Iguodala.

Sur toutes ces actions, Golden State utilise les qualités au tir et les qualités à la mène de Curry pour faire de Green un point central de l’attaque de l’équipe. Balle en mains, Green fait parler sa compréhension naturelle du jeu, sa compréhension du spacing, sa rapidité de pensée et sa créativité.

Green est très bon dans le jeu de passe

L’instinct naturel de Green et sa qualité de passeur ne devraient pas être sous-considérés. L’action suivante peut paraître comme la moins impressionnante des actions présentées parce que la défense est pauvre, mais c’est un bon exemple pour illustrer les deux principales forces de Green : avancer avec la balle en transition et la donner à Curry ou Thompson pour un catch-and-shoot. Green ne dribble que deux fois pour progresser rapidement et la donner rapidement à Thompson en voyant qu’il est totalement ouvert à 3-points. En un mouvement, Thompson prend ses appuis et marque. L’horloge affiche encore 21 secondes de temps de possession !

Ici, Green résout une situation a priori périlleuse en étant brillant. Au large et en difficulté à cause d’une prise à deux, Iguodala transmet la balle comme il peut à Draymond Green lequel donne instantanément la balle plein axe à Clark qui coupait sous le cercle pour un lay-up facile. Il semble que Green ait vu que Dwight Howard était hors de position avant même de recevoir la balle. Il a attendu un signe de Clark pour qu’il batte son défenseur et exploite au mieux l’espace libre en délivrant cette passe. Une passe à priori risquée pour beaucoup de joueurs. Mais pour Green, c’est un jeu d’enfant.

La dernière situation montre l’altruisme de Green en refusant un tir pour en trouver un meilleur. Thompson attaque ligne de fond, attire trois défenseurs, passe à Green qui est ouvert derrière l’arc. Mais plutôt que de prendre son tir, Green attaque la peinture avec un dribble pour aller au coeur de la défense. Entre-temps, Thompson s’est replacé dans le corner, Green le trouve pour un catch-and-shoot. 3 points. Pourquoi une telle décision ? Même s’il progresse à trois points, Draymond Green tourne à 40.9% de moyenne quand Klay Thompson tourne à 45.9% dans le corner droit. Green a préféré trouver le très bon tir même s’il en avait un bon. Il s’agit là de talent, de QI basket, d’une mentalité collective, de toutes ces qualités en même temps.

Green est assez prudent

Green sait prendre sa chance. C’est un joueur ultra-confiant qui n’a pas peur de tenter la passe entre plusieurs défenseurs, la passe lobée en pleine course ou d’aller vite en transition pour chercher l’avantage. Ces types d’actions entraînent des turnovers qui demandent aux coaches d’avoir une approche plus prudente. Et Golden State connaît les avantages et les inconvénients de ce compromis mieux que personne. Les Warriors jouent vite, libérés et possèdent un rating de -10 en pourcentage de turnovers cette saison. Il semble difficilement réalisable qu’une autre équipe puisse venir contester leur suprématie : leur bilan est assez parlant.

Le ratio de 2.5 passes pour un turnover de Draymond Green est meilleur que celui des meneurs All-Stars comme John Wall (2.3), Jeff Teague (2.2), Russell Westbrook (2.2) et Damian Lillard (1.9). Il fait encore mieux comparé à d’autres joueurs intérieurs grandement impliqués offensivement comme Blake Griffin (2.1), LeBron James (1.7), Marc Gasol (1.6) et Paul Millsap (1.5). Cela est en partie dû au fait que le jeu de passe est généralement une priorité à Golden State. Y aller de son action individuelle mène naturellement à plus de turnovers. Tout ça mis ensemble – l’engagement, l’utilisation de l’espace, la qualité de passe, l’altruisme, l’intelligence et l’utilisation du ballon, il est clair que Draymond Green a émergé cette saison comme une arme incroyablement raffiné.

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