Kawhi Leonard, le discret All-Star


Il ne sera peut-être pas champion ni de nouveau élu défenseur de l’Année mais cette saison, Kawhi Leonard a passé une nouvelle étape de sa carrière : être All-Star. L’ailier des Spurs disputera son premier All-Star Game en tant que starter qui plus est (puisque choisi par les fans), ce qui témoigne de son évolution.

Article original : http://www.si.com/nba/2016/01/07/fundamentals-kawhi-leonard-spurs-gregg-popovich-lebron-james-kevin-durant?xid=si_social

Kawhi Leonard n’est rien de moins qu’une superstar. Sur ce point, il ne peut pas y avoir de débat : c’est le meilleur joueur d’une équipe qui est sur des bases de 69 victoires. Un statut gagné presque par défaut et le moindre doute est dissipé dès lors qu’on observe son jeu. Pour voir Leonard rendre la vie dure à ses adversaires pour aller au cercle et trouver constamment un moyen d’y aller, cela en dit long sur sa domination.

Kawhi Leonard échappe au standard. Désormais, le mot « domination » est un terme qui est utilisé quand il est question de son jeu. Sa défense est louée, même vénérée. Son jeu d’attaque est admiré pour ses progrès. Cependant, il semble que du point de vue du grand public, il ne soit pas à la hauteur des Stephen Curry, LeBron James, Kevin Durant, etc. Pourtant, il n’y a aucune raison. Leonard est peut-être le joueur le plus complet de la ligue tout en étant un grand maître dans l’art de la dissuasion.

Et puis il n’y a aucun déchet dans son jeu. Il est l’un des meilleurs joueurs de la ligue dans le ratio de turnover (7.4%), il a trouvé sa place en tant que « spot up shooter » et en tant que simple artilleur. Leonard incarne la fusion de ces archétypes mais avec lui, en ressort quelque chose de plus profond : une star qui crée et qui détruit sans se soucier des limites de l’une ou l’autre situation. Il est aussi efficace en isolation qu’en pur shooteur à 3-points.

Il y a des joueurs qui peuvent tirer aussi bien que Leonard, d’autres aussi sur qui on peut faire confiance pour créer des situations en attaque quand la situation l’exige. Sauf que parmi ce petit groupe, aucun n’est capable d’être aussi prudent que le n°2 des Spurs avec le ballon. En attaque, le jeu de Leonard repose sur le triptyque suivant : une efficacité au tir, un faible taux de perte de balle et une capacité de création qui fait de lui une véritable star comme il n’y en a aucune en NBA. Quelque part, Leonard est une anomalie.

San Antonio Spurs v Golden State Warriors

Voilà sans doute pourquoi l’étoile semble mettre plus de temps à briller qu’elle ne le devrait aux yeux du grand public. Le débat national autour des grands joueurs est toujours ancré dans l’histoire. Kobe Bryant comparé à Michael Jordan, définir si LeBron était plus proche dans le style à Michael ou Magic Johnson a toujours été sujet au débat. Des comparaisons ont été établies entre Durant et George Gervin, Kevin Love et Wes Unseld, Dwight Howard et Shaquille O’Neal, Chris Paul et Isaiah Thomas. Les joueurs ont toujours été liés et comparés à des références avant d’avoir le droit de devenir eux-mêmes.

MVP des Finales NBA à 22 ans (en 2014) puis élu défenseur de l’Année, « The Klaw » fait désormais partie des superstars sans avoir de modèle idéal. Les meilleurs ailiers polyvalents de l’histoire de la NBA l’ont été de différentes manières mais ce qui distingue Leonard des autres, c’est qu’il n’est pas le passeur qu’ils ont été. Lui joue de la propreté de son jeu, et de manière plus large, il a créé un style qui mêle son propre jeu avec les qualités propres à l’ailier polyvalent.

La panoplie de ses qualités est assez varié. Un jeu au poste brutal qui lui permet d’intimider les rares défenseurs jusque-là assez rapides de lui faire face. Son pull-up maîtrisé exige de son défenseur qu’il ne triche pas, sous peine d’être puni en raison de son avantage athlétique. Et puis Leonard est un as en isolation. Sur ces situations de jeu (soit 62 possessions), il n’a commis aucun turnover selon Synergie Sports mais ce n’est pas pour ça qu’il va en abuser. La façon dont Leonard bouge sur le terrain le rend d’autant plus imprévisible quand il a le ballon. Il a fait du pick-and-roll un standard du jeu des Spurs, maîtrise parfaitement le spacing et par ses courses, il excelle dans le jeu de transition pour scorer facilement. Sa célébrité est morne du fait qu’il fait trop de choses sur le terrain pour avoir une marque déposée.

En réalité, nous avons encore un long chemin à parcourir pour saisir la qualité de ces joueurs particulièrement uniques et qui se distinguent avant tout par leur défense. Leonard tourmente les meilleurs ailiers de la ligue et pourtant, son jeu dans une équipe historiquement dominante ne semble pas résonner comme il se doit.

Leonard n’a pas besoin d’être aimé et avec le stoïcisme qui est le sien dans une ligue où il faut avoir une personnalité, la tâche s’annonce de toute façon difficile. Cependant, ce qu’il a fait cette saison peut et devrait être admiré par les fans de basket où qu’ils soient. La défense de Leonard est aussi manifeste qu’elle est considérée : les scoreurs adverses renoncent à jouer le matchup face à lui, les drives adverses sont couverts dès le début de la possession, les tirs sont constamment contestés et les meneurs hésitent avant de faire une passe dans sa zone. Aussi, ses prouesses offensives enflent avec le temps. Leonard est un géant émergent sans avoir ce poids de prouver quoi que ce soit qui puisse le rendre insatisfait.

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