New Orleans Saints : Pourquoi l’attaque restera dominante


A l’orée de la saison 2015, la saison des Saints n’a jamais été aussi incertaine. Quatre défaites en quatre matches de présaison (un exploit qui n’avait plus été réalisé par la franchise depuis 1971), une ligne défensive toujours aussi faible dans le pass rush, des blessures de joueurs majeurs, une hétérogénéité unique en défense entre les titulaires et la second unit toutes franchises confondues. Et pourtant. Même après les trades successifs de Jimmy Graham et Kenny Stills à l’intersaison, l’attaque continuera de rester dominante. Voici pourquoi.

RETOUR SUR LA SAISON 2014

Pour la cinquième fois de l’ère Sean Payton (2006), la franchise de Louisiane a été la meilleure attaque de la ligue en total offense (411.4 yards par match). Pour la neuvième fois de la saison, Drew Brees a terminé la saison avec plus de 4.000 yards à la passe (leader avec 4.952 yards) et pour la septième saison consécutive, Brees a lancé au moins 33 touchdowns (à titre de comparaison, Tom Brady en a lancé 25 en 2013). Le QB a dominé la ligue en passes complétées (.692) et les 25.1 points marqués de moyenne désignent la 9ème meilleure performance dans l’histoire de la ligue.

Côté individualités, Mark Ingram, avec 964 yards à la course (en 226 tentatives, soit une moyenne de 4.3 yards/tentative) et 9 touchdowns a connu la meilleure saison de sa carrière, Jimmy Graham a connu une autre saison de Pro-Bowler avec 85 réceptions pour 889 yards et 10 TD ; Kenny Stills a continué de progresser après une excellente saison rookie (63 réceptions, 931 yards, 3 TD) ; et le rookie Brandin Cooks a déjà démontré que les Saints ne s’étaient pas trompés en prenant ce receveur explosif et doté d’une extrême acuité pour exploiter les match-ups favorables.

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Mais quand les Saints ont commencé à vaciller à domicile cette saison avec cinq défaites consécutives alors que la franchise restait sur 20 victoires consécutives au Mercedes-Benz Superdome, l’attaque, aussi prolifique soit-elle, n’a eu strictement aucun impact durant la période. Lors de ces cinq défaites, New Orleans a affiché une moyenne de 17 points marqués et de 383.2 yards parcourus, soit 8 points de moins et 28.2 yards de moins que la moyenne de la franchise. Les turnovers ont aussi joué un rôle majeur dans la perte de vitesse de l’attaque. Avec un total de 30 turnovers (4ème pire équipe de la ligue dans le registre) dont 17 interceptions de Drew Brees (3ème pire performance de la ligue et record en carrière pour le QB), les Saints ont commis 11 de ces turnovers à domicile lors de la série des 5 défaites consécutives. L’attaque des Saints n’a pas échappé au constat établi par les vétérans : la franchise est devenue cette équipe face à laquelle elle avait l’habitude d’établir son plan de match par le passé. Celle qui commet des turnovers ou des pénalités aux moments critiques. Celle qui trouve le moyen de se battre elle-même, et qui en prend la fâcheuse habitude. Les choses devaient changer.

La saison dernière, si l’érosion n’était pas totale, la décrépitude était continue et gênante. Le déclin était suffisamment important pour qu’une franchise affichant un bilan de 11 victoires et 5 défaites mal payé devienne une vulgaire équipe qui se bat elle-même en douceur et avec naïveté. Donc en vue de la saison 2015, un des ajustements prônés par Sean Payton était simple : que l’équipe redevienne ce qu’elle est vouée à être et à rester. « Il était important pour nous d’examiner de près ce qu’il n’allait pas et de ne pas perdre le fil de ce qui a fait notre réussite, de ce qui fait notre force, ce en quoi nous sommes bons, déclarait Sean Payton. Et pour pallier à cela, on fait confiance à des joueurs très motivés, des joueurs de vestiaires qui se soucient les uns des autres. Ça peut paraitre dérisoire, mais ça été notre recette – avoir des gars bien structurés, intelligents, et des joueurs durs au mal. C’est ce sur quoi nous avons insisté durant cette offseason (à travers la free agency – CJ Spiller, Brandon Browner, les différents trades – Max Unger, Dannell Ellerbe et durant la draft, Andrus Peat et Stephone Anthony étaient des leaders défensifs dans leurs facs respectives). »

L’ATTITUDE AVANT LE TALENT

Pour cela, plutôt que de se lancer à corps perdu dans la draft 2015, les Saints n’ont pris aucun gros prospect attendu. La franchise aurait pu prendre les OLBs Randy Gregory (Nebraska), Bud Dupree (Nebraska), le DT Arik Armstead (Oregon), le WR Dorial Green-Beckham (Missouri), le OL Lae’Collins (LSU) ou le C Jalen Collins (LSU), etc. Non, elle a préféré densifier sa ligne offensive avec l’arrivée du T Andrus Peat et pallier le départ de Curtis Lofton en prenant le LB Stephone Anthony, un des meilleurs linebackers de cette classe de draft 2015. En clair, les Saints ont préféré prendre deux joueurs NFL ready et fonctionnels plutôt que de miser sur des joueurs au potentiel prétendument supérieur.

Mickey Loomis et Sean Payton n’avaient qu’une priorité : viser des garçons au bon caractère, intelligents, passionnés par leur sport et voués à devenir des leaders. Payton a insisté à de nombreuses reprises sur le leadership du rookie Stephone Anthony : « On a adoré son caractère. Il est incisif. C’était le leader de sa défense (de Clemson). Quand tu parles avec n’importe quel back là-bas, son nom revient dès les 5 premières secondes. » Pour Andrus Peat, même procédé. Le coaching staff a vu en lui un joueur prêt, sérieux, prometteur et brillant. Ne restait plus qu’à corroborer ces impressions par des témoignages. « Quand nous avons appelé David Shaw (coach de Stanford), on a vu qu’il le voyait tel qu’on le percevait en même pas cinq minutes. »

L’HEURE DE BRANDON COLEMAN ?

Durant la offseason, les Saints ont perdu deux cibles principales : Jimmy Graham (85 réceptions, 889 yards, 10 TD) et Kenny Stills (63, 931, 3), respectivement envoyés aux Seattle Seahawks (en échange de Max Unger et d’un premier tour de draft) et aux Miami Dolphins (en échange de Dannell Ellerbe et d’un troisième tour de draft). Et durant la période, les Saints n’ont ajouté aucun receveur à leur roster durant la free agency et la draft. Une manière d’insinuer qu’un spot voire deux étaient disponibles. Pour Brandon Coleman, l’occasion était à saisir. Il ne suffisait qu’au rookie non drafté de 2014 de montrer l’étendu de son potentiel après avoir décortiqué durant toute une saison le playbook offensif de la franchise.

Brandon Coleman (1m98, 102 kgs) a passé la dernière saison dans le practice squad avant de faire partie du roster le 26 décembre dernier. « Nous avons eu l’occasion de les voir l’année dernière et durant cette offseason, ils ont travaillé dur. Ce sont deux gars qui ambitionnent un spot, ce sont deux grandes cibles, mais nous avons aussi de la profondeur, donc il y aura une bonne concurrence à cette position », avait déclaré Sean Payton durant les activités organisées par l’équipe (OTAs) en parlant de Coleman et de son acolyte, le rookie non drafté lui aussi, Seantavius Jones. Avant d’ajouter : « Ils sont dans leur deuxième année, ils ont fait forte impression l’an passé dans le practice squad, et ils ont fait une bonne offseason lors des workouts. La première chose que nous évaluons, c’est ce que sait faire le joueur. Et ces gars de seconde année s’alignent maintenant plus rapidement. Si tu sais ce que tu dois faire, c’est beaucoup plus facile, tu as beaucoup plus de chance d’être amené à le refaire que si tu as du mal à assimiler quoi faire dans le huddle et à comprendre quel tracé prendre. Désormais, ils jouent avec un certain bagage, une certaine connaissance de notre attaque et vous pouvez le voir dans leur jeu. »

Sur les deux receveurs, Coleman aura donc été préféré pour faire partie du roster. Lors des workouts, Coleman a impressionné les observateurs par sa capacité à s’accommoder à la diversité des passes, par son envergure pour prendre l’avantage sur les defensive backs adverses et sa capacité à se séparer de son adversaire direct après réception. Avec son double mètre, il sera également la cible prioritaire en red zone. L’apprentissage du playbook durant toute une année l’a mis dans une zone de confort qui lui permet aujourd’hui d’appréhender beaucoup mieux les appels de jeux, de jouer plus libre et plus rapidement.

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CJ SPILLER, L’ÉLÉMENT MANQUANT

Après 9 ans d’attaque aérienne d’élite sous l’égide de Drew Brees, les Saints construisent petit à petit leur jeu au sol. La franchise le reconstruit, le perfectionne. Le même jour au cours duquel Kennys Stills a été envoyé aux Miami Dolphins, la franchise signait un renfort non négligeable dans son backfield : le RB C.J. Spiller. Un running-back parfaitement complémentaire à Mark Ingram et Khiry Robinson puisqu’il excelle dans l’exploitation des intervalles et dans le jeu de passe. Avec C.J. Spiller, Sean Payton a trouvé son nouveau Reggie Bush, son nouveau Darren Sproles. Pourquoi ? Spiller est LE coureur satellite qui a cruellement manqué aux Saints la saison dernière. Cette pierre angulaire clé dans la diversité des jeux appelés, ce joueur précieux par son explosivité, pour les screen pass, en checkdowns et les troisièmes tentatives cruciales.

Si l’attaque était la meilleure en yards la saison dernière, elle a manqué d’une menace en dehors du backfield. Les Saints ont mené la NFL en first downs (24.7/match), en pourcentage de passes complétées et en conversion de third downs (48.3%). Mais la franchise n’a eu que 52 passes complétées de plus de 20 yards selon ESPN Stats & Informations, soit le plus faible total de la franchise depuis 2010. Depuis 2006, l’équipe a toujours eu un back « satellite » qui pouvait bouger pré-snap, explosif et qui forçait les défenses adverses à s’ajuster face à l’imprévisibilité des jeux appelés. Par conséquent, la défense donnait des informations à Drew Brees sur la couverture adoptée. Sauf que la saison dernière, Brees n’avait plus personne. Jusque-là, les défenses avaient l’habitude d’utiliser un safety ou un linebacker en espion sur Sproles. Les défenses n’ont pas eu à se préoccuper de cela la saison dernière.

Avec C.J. Spiller, les Saints pourront de nouveau amener de la confusion dans la défense adverse et mettre à défaut les linebackers. De tous les « satellites » dont a disposé Sean Payton, on pourrait même se demander si Spiller n’est pas le plus talentueux d’entre eux. Quand Chan Gailey mettait en place des systèmes pour lui à Buffalo, ce dernier dépassait les 1500 yards aisément (1703 yards en 2012). Avec Spiller, le champ des possibles n’a jamais été aussi grand.

D’autre part, Sean Payton a pu observer la saison dernière que son attaque marchait mieux lorsqu’elle se reposait sur la productivité de Mark Ingram afin de faciliter le jeu de passe de Drew Brees. Le head coach peut désormais s’appuyer sur le trio Ingram, Spiller, Robinson derrière une meilleure ligne offensive dans le run-blocking pour forcer les défenses adverses à accepter la bataille au sol et ainsi favoriser une meilleure efficacité à la passe. On pourrait revoir l’attaque de 2006 avec Mark Ingram et Khiry Robinson dans le rôle de Deuce McAllister avec leur capacité à casser les plaquages, et Spiller dans le rôle d’électron libre à exploiter la largeur.

Entre temps, la franchise aura déjà été affecté par une blessure de ce dernier (opération du genou, retour prévu pour le Game 2 ou 3). Elle ne provoque aucune panique au sein de l’attaque des Saints mais elle montre néanmoins sa fragilité. De fait, elle entame sa profondeur et sa polyvalence. Mais surtout, elle entame sa capacité à effrayer les défenses adverses. Peur d’être battu dans les mismatches que l’attaque des Saints avait pu utiliser avec Reggie Bush ou plus récemment avec Jimmy Graham. Parce que CJ Spiller est une menace dans le backfield comme en dehors. Spiller est une menace à la course, à la passe et en kick returner. Et coach Payton était excité à l’idée de peaufiner son playbook rien que pour sa nouvelle trouvaille.

[Ici, la double couverture des Pittsburgh Steelers sur Jimmy Graham permettant à Kenny Stills d’être ouvert]

A LA RECHERCHE DE NOUVEAUX CONCEPTS

Après la fin de saison dernière, le staff des Saints a procédé à des ajustements typiques pour préparer la nouvelle. Différents membres du staff ont eu pour charge de revoir les matches des autres équipes de la ligue, voir ce qu’elles ont fait de bien ou de ce qu’elles ont fait différemment des Saints. Des notes sont prises, les films sont minutieusement découpés et à l’issue de ce travail de sape, de nouvelles idées naissent.

Toutes n’ont pas fait l’unanimité. Certaines ne rentrent pas dans le cadre du jeu des Saints, d’autres si. Ensuite tout a été évalué par les nouveaux coachs, John Morton et Joel Thomas, respectivement nouveaux coachs des receveurs et des running backs. Ces derniers ont considéré quels concepts et quelles idées s’approprier. « Oui, une poignée de choses ont été ajoutées, a concédé Sean Payton. On profite de la offseason pour mettre en place des nouvelles combinaisons sur les tracés, des choses que vous voulez faire contre la pression, en shotgun, d’autres systèmes de jeu, donc vous passez la offseason à travailler tout ça et à chercher. Vous essayez toujours de rester au top en développant des systèmes susceptibles de devenir des tendances qui fonctionnent, et de voir si celles-ci correspondent à votre roster. »

Il est usuel pour les Saints d’utiliser des nouveaux systèmes, de tester de nouvelles idées, mais ce qui a rendu unique cette offseason, c’est la quantité de nouvelles choses travaillées et introduites lors des OTAs et lors du minicamp si l’on en croit les acteurs. Et des systèmes que doit aussi intégrer la rotation. « Je vous le dis, on a probablement tester de nouvelles choses comme jamais auparavant. Il y a toujours de nouvelles idées, il y a toujours des études durant la offseason. Des choses nous conviennent, d’autres moins. Et je dois dire qu’il y a des choses avec lesquelles on s’accommode très bien, même très bien » s’était enthousiasmé Drew Brees en juin dernier.

La franchise s’est avant tout penchée sur ce que les autres franchises faisaient sur troisième tentative, en red zone et sur certains concepts en couvertures. Mener la ligue en yards gagnés signifie très peu quand vous perdez la balle plus de 30 fois au cours de la saison, que vous êtes en difficulté lors des two-minutes drills et que vous flanchez mentalement lors des moments importants. « Il y a certaines choses qu’on a travaillées et d’autres qui étaient plus urgentes, je pense à des choses urgentes que vous travaillez après avoir fini la saison à 7-9 », a déclaré Sean Payton. Sous-entendu : plus que de football, il a d’abord fallu remobiliser les troupes. « Il y a quelques jeux dans chaque match, spécialement lors des matches serrés, qui font la différence. Et les équipes intelligentes, les équipes qui étudient ces situations, qui peuvent percevoir quand ce type de jeux se produisent, ces équipes finissent leaders de division, des équipes de playoffs et partent pour faire de grandes choses. Malheureusement, on ne ne faisait pas partie de ces équipes la saison dernière », constate Drew Brees.

JOSH HILL, #1 TE ?

Si Josh Hill peut voir les projecteurs se braquer davantage sur lui cette saison, le tight end fait comme si de rien n’était. Hill fait typiquement partie de ces joueurs discrets, souvent sous-estimés. On ne l’entend pas de l’été, l’homme est concentré sur son jeu mais tout ce qu’on lui demande de faire, il le fait à la perfection. Et après la perte de Jimmy Graham durant la offseason, l’homme est confiant à l’idée d’avoir un rôle plus important au sein de l’attaque des Saints. Peu lui importe comment le roster a évolué, Hill prépare sa troisième saison avec la même approche que les deux premières. « Je ne vois pas cette saison différente des précédentes. J’essaie juste de faire ce qu’on me demande de faire, de comprendre mon rôle dans l’équipe et de faire tout ce que je peux », déclare-t-il toujours aussi sobrement. Sauf que cette saison, son rôle est voué à être beaucoup plus important.

Sep 28, 2014; Arlington, TX, USA; New Orleans Saints tight end Josh Hill (89) scores a touchdown in the game against the Dallas Cowboys at AT&T Stadium. Dallas beat New Orleans 38-17. Mandatory Credit: Tim Heitman-USA TODAY Sports

Le trade de Jimmy Graham lui donne une opportunité de se montrer. Et quelle opportunité. Même si le joueur n’est pas voué à remplacer strictement Jimmy Graham – Drew Brees et Benjamin Watson (le deuxième TE derrière Graham jusque-là) ont inlassablement répété que les Saints n’avaient pas à remplacer Graham en développant son clone – la place de TE titulaire le désigne naturellement. Sean Payton a toujours fonctionné avec deux TE à New Orleans, et les Saints ont toujours déployé ces deux TE comme une menace à la passe. Maintenant que Graham est à Seattle, la place est libre pour un receveur capable d’étirer la défense adverse. Ce spot, il est pour Josh Hill. Sauf que le joueur de 26 ans va devoir son battre. Le vétéran Benjamin Watson a fait un très surprenant training camp quand Hill, au contraire, n’aura rien montré de transcendant. Tout de même, et en dépit d’avoir montré un intérêt pour des joueurs comme Jermaine Gresham ou Tim Wright, la confiance montrée en Hill est simple : New Orleans s’est présenté au training camp avec seulement 4 TE disponibles, n’a pris aucun TE à la draft et n’a pris aucun TE vétérans durant la free agency. Durant les OTAs, Hill a obtenu davantage de snaps avec l’attaque titulaire. Plusieurs signes qui tendent à montrer qu’aux yeux des coachs, le joueur est prêt à assumer son nouveau rôle. « Je peux vous dire que son temps de jeu va augmenter. On pense que c’est un gars qui peut courir et étirer la défense » a déclaré Sean Payton en juillet dernier.

Josh Hill (26 ans) est un ancien agent libre non drafté. Son compère Ben Watson (actuellement le n°1 au poste) le définit mieux que quiconque : « C’est une combinaison de beaucoup de gars, mais il a sa propre identité. Intelligent, habile, physique, à l’écoute, polyvalent, ce genre de gars qui peuvent jouer un très long moment. » Par son agilité, il a su gagner un spot dans le roster en 2013. En 2014, l’homme s’est révélé en menace dans la red-zone. Des réceptions cruciales, saupoudrées de cinq touchdowns. Cinq TD sur 16 réceptions en saison et 12.6 yards de moyenne par réception. Oui, en 2014, Hill est devenu un killer. S’il n’est pas encore présenté comme une véritable cible de Drew Brees, sa progression constante, sa capacité à courir après réception, à provoquer des mismatches, à être aussi bon dans le jeu court, dans le flat et à distancer les linebackers pourront bien faire de lui un TE d’élite. Cette saison, Josh Hill pourrait bien être aligné comme un receveur dans le slot ou sur l’extérieur. D’autant que les matches de présaison ont montré une faiblesse et pas des moindres : l’efficacité en red-zone.

LE ROLE DE JOHN MORTON

Le nouveau coach des receveurs, John Morton, n’a pas compris la remise en question d’un manque de leadership durant le minicamp. « Les gens disent que vous n’avez pas de leaders dans cette équipe. Et le coach ? Je suis le leader. Je suis là pour les aider et les mettre dans les meilleures conditions. Je ferai tout ce qu’il faut pour qu’ils soient prêts à jouer. » Morton n’est pas nouveau à New Orleans. Il était déjà là en 2006 en tant qu’assistant offensif avant de partir en Caroline du Sud en 2007. D’abord en tant que coach des receveurs puis en tant que coordinateur offensif. Morton avait ensuite tracer sa route en 2011 en devenant le coach des receveurs des San Francisco 49ers.

Les Saints l’ont rappelé durant cette offseason. Plus que dans n’importe quelle autre position, New Orleans avait besoin que Morton apporte son aide et son leadership à la meeting room. Car le seul produit fini de l’escouade se nomme Marques Colston. Les autres receveurs manquent d’expérience, sont en progrès ou sont tout simplement nouveaux au système. C’est à Brandin Cooks, Brandon Coleman, Willie Snead de passer la prochaine étape afin de combler les départs de Jimmy Graham et Kenny Stills. Et nul doute que Morton aura son rôle à jouer. Un grand rôle. S’il annonce que son corps de receveurs est le plus jeune avec lequel il n’ait jamais travaillé, il voit l’inexpérience comme un avantage. Celui de pouvoir modeler ses hommes comme bon lui semble sans la nécessité de retravailler les mauvaises habitudes acquises jusque-là. « Je pense que c’est très bien. J’ai une excellente bande de gars. Ils se bougent le cul tous les jours. C’est la moitié du combat. »

Morton a appris comment coacher grâce à Jon Gruden à Oakland où il officiait en tant qu’assistant offensif puis en tant que coach des tight ends entre 1997 et 2004. C’est aussi à Oakland qu’il a appris la West Coast Offense. Une spécialité des Saints. Et ce que Gruden n’a pu lui apprendre, Morton l’a appris en travaillant avec des joueurs tels que Jerry Rice, Tim Brown, Randy Moss et Anquan Boldin. Ni plus ni moins. Il a aussi travaillé avec Norv Turner pendant une saison et avec Jim Harbaugh à la fois à l’Université de San Diego comme aux 49ers de San Francisco.

Morton pense aussi avoir un certain avantage par rapport à ses collègues spécifiques : lui-même a été receveur. A son lycée de Western Michigan et plus tard en CFL avec les Argonauts de Toronto. Il a aussi fait partie des practice squads des Raiders et des Green Bay Packers. A travers ces expériences, Morton a développé une philosophie. La sienne. « J’ai été apprendre auprès de grands coaches. Ce que je dois faire, c’est leur enseigner tout ce que je sais, pas juste une partie, donc il faut qu’ils comprennent l’intégralité de ce que je sais. J’ai fait ça partout où je suis allé et les gars doivent aller chercher tout ça. »

Morton est toujours ouvert pour apprendre de nouvelles choses et pour en apporter. Aux différentes franchises par lesquelles il est passé, il a toujours conté à ses joueurs comment il travaillait avec Marques Colston lors de la saison 2006. Si l’histoire de Colston est bien connue, Morton adore la partager avec ses nouvelles relations. Les Saints ont obtenu le joueur au 7ème tour de la draft 2006. Et alors que l’on pourrait dire que le reste de la ligue ait négligé son talent, une grande partie du succès de Colston peut être attribué à son travail sur le terrain et dans la classroom. Le receveur futur Hall Of Famer a réceptionné 666 Passes pour 9239 yards et 68 touchdowns depuis son entrée dans la ligue. Cela veut dire beaucoup sur le rôle déterminant qu’occupe John Morton à la tête de l’escouade.

BRANDIN COOKS, LE PLAYMAKER

A 21 ans, Brandin Cooks est l’un des receveurs les plus rapides de la NFL si ce n’est le plus excitant. Et ce n’est que le commencement. Pourtant, la saison dernière, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Après avoir marqué 7 TD avec un total de 550 yards et 53 réceptions en 10 matches, Cooks a dû mettre un terme à sa saison, la faute à une fracture du pouce. « Mon jeu, c’est d’être explosif et rapide », dit Cooks qui a passé la offseason à s’entraîner à San Diego. « J’ai entraîné toutes les parties de mon corps susceptibles d’être sollicitées. »

« Regardez sa capacité à être explosif, de naviguer à travers les blocks, sa lecture des trajectoires. Très tôt durant le camp, notre connexion semblait automatique, comme si on jouait ensemble depuis 5 ans, c’est magnifique à voir », confiait Drew Brees lors du training camp. La principale tâche cette saison pour Cooks sera de rester en bonne santé. Alors désormais les dimanches, il prend un temps pour lui en dehors de ses entraînements spécifiques en travaillant sur la récupération. Ce qu’il aime, c’est de passer autant de temps que possible dans un caisson de recompression. Un caisson dans lequel la pression de l’air est supérieure à la moyenne pour ainsi permettre au sang de se réoxygéner plus rapidement. L’objectif ? Faciliter la récupération. « J’ai l’habitude de l’utiliser tous les soirs. Après l’entraînement ou après un match, je dors à l’intérieur durant quelques heures pour que mon corps se régénère. »

Résultat, le receveur a réalisé une présaison exceptionnelle. Étincelant lors du training camp, face aux Ravens, lors du premier match de présaison, Cooks a confirmé qu’il aspirait à devenir le receveur n°1 de la franchise, mais également qu’il pouvait être aligné n’importe où sur le terrain. Le deuxième année a encore montré ses qualités de route runner et de son caractère létal dans le catch-and-run à travers des jeux offensifs assez soutenus. Dès ce premier match de présaison, l’attaque a étonné par son rythme, plus rapide. Une idée à creuser pour une attaque qui a souvent été en manque d’idées la saison dernière. Cooks possède tous les outils pour briller en NFL. Son jeu de jambes après réception, sa lucidité, sa capacité à se trouver ouvert, à s’adapter à diverses couvertures. Son TD résume à lui seul toute sa panoplie. Reste à savoir s’il pourra faire la différence face à des top corners et des spécialistes du bump-and-run.

Si contre les Ravens, il avait montré ses qualités dans le jeu de passes courtes, face aux Patriots, lors du deuxième match de présaison, Cooks aura montré ses qualités sur les big plays. Son double move était exquis, sa lecture de la trajectoire optimale. La connexion Brees-Cooks est déjà un régal.

LA SURPRISE WILLIE SNEAD ?

Si le scouting staff est assez médiocre ces derniers temps pour ne pas dire extrêmement mauvais (il ne reste que Brandin Cooks de la classe de draft 2014, c’est dire), en revanche, la franchise possède un certain talent pour flairer le bon coup parmi les rookies non-draftés (Lance Moore, Chris Ivory, Joique Bell…). Et surtout des rookies offensifs. Cette année, celui qui a illuminé le training camp par son impudence, sa consistance et sa production lors des matches de présaison est un receveur qui a fait sa rentrée dans le practice squad des Saints en fin de saison dernière après des échecs successifs aux Cleveland Browns, aux New-York Giants et aux Carolina Panthers. Ce receveur, c’est Willie Snead. Snead possède un arsenal que tout receveur NFL aimerait posséder : il sait se trouver ouvert et sait tout réceptionner. Absolument tout. Une qualité de mains qui n’est pas sans rappeler celle de Lance Moore, habitué à battre son vis-à-vis, à semer la pagaille en couverture, puis trouver le bon spot pour être trouvé. Il n’a pas le gabarit de Brandon Coleman ou de Marques Colston ni la vitesse et la virtuosité de Brandin Cooks, mais Snead possède la capacité la plus élémentaire : tracer sa route et se défaire de son vis-à-vis pour réceptionner. En profondeur ou le long de la sideline. Peu importe. Snead apparait comme un receveur sûr. Un véritable all-purpose receveur que Brees n’hésitera pas à solliciter en third down.

UNE MEILLEURE LIGNE OFFENSIVE ?

Depuis quelques saisons, la ligne offensive bien que performante n’est pas optimale. Mais avec le temps, les choses changent. Lors des saisons 2013 et 2014, la pression adverse ne s’intensifiait pas à cause d’un manque de talent des tackles mais des faiblesses de l’intérieur de la ligne. Face à la pression constante, Drew Brees ne pouvait donc pas mener l’attaque comme il l’entendait. Pour preuve, ces deux dernières saisons, Brees n’a jamais autant subi de sacks en carrière (respectivement 37 en 2013 et 29 en 2014).

Mais entre-temps, Terron Armstead a parfaitement remplacé Charles Brown en à la fin de la saison 2013 (ce dernier a d’ailleurs été coupé par les Jets). Surtout, est arrivé dans le cadre du trade de Jimmy Graham un centre d’un talent que les Saints n’avaient jamais connu auparavant : Max Unger. Jonathan Goodwin et Brian De La Puente n’ont jamais été aussi prolifique et consistant qu’Unger ne l’est. L’ancien pensionnaire des Seahawks n’a pas perdu un seul pass rush drill du training camp. Unger consolide le milieu de la ligne et peut profiter de son ascendant sur les écrans comme on l’a vu sur le TD de Brandin Cooks face aux Ravens. Avec le Pro-Bowler Jahri Evans et Tim Lelito qui suit le mouvement, tant que Brees restera tranquille dans sa poche, les Saints seront difficiles à battre.

Peu importe que Cooks soit couvert par un cornerback ou un safety. Cooks est trop rapide et Brees trop précis. Si des questions restent plus que jamais en suspens concernant la défense, il n’y a aucune crainte à attendre de l’attaque. Elle sera dominante, comme toujours.

Romain Laplanche

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