Juan Manuel Lillo : « Ce vertige ne peut pas quitter le Chili »


Jorge Sampaoli connaît Juan Manuel Lillo sur recommandation de Guardiola. « Jorge est très attaché au jeu de position », avertit Lillo qui a apprécié le rendement de la Roja lors de la Copa América. « Les meilleures équipes du tournoi ont été le Chili et le Pérou », pense aussi l’entraîneur espagnol. A l’issue de la Copa América 2015, le quotidien chilien El Mercurio s’est entretenu dans l’édition du 9 juillet dernier avec Juan Manuel Lillo, un amoureux du jeu davantage connu pour être le mentor, le confident et l’ami de Pep Guardiola que pour ses qualités de technicien (capture originale de l’interview ci-dessous). Ainsi, ‘Juanma’ livre ses impressions sur le Chili et fait part des liens qu’il entretient avec le sélectionneur chilien.

« Je parle beaucoup avec Juan Manuel Lillo. Je pense que c’est un génie au niveau conceptuel. Chaque conversation avec ‘Juanma’ te pousse à la réflexion à propos de ce jeu. C’est un plaisir de l’écouter, et on apprend » a confessé Jorge Sampaoli au quotidien Marca, quelques heures après avoir remporté la Copa América. Ce à quoi, Lillo, à Madrid, où il réside, lui a répondu. « Je le remercie. Quand Jorge est allé à Munich, j’ai appris que Pep lui avait parlé de moi et qu’il avait ensuite souhaité que nous nous rencontrions en Espagne, mais à l’époque je collaborais avec le Deportivo Saprissa (en tant que conseiller du club, ndlr), au Costa Rica. C’est à partir de là que nous avons commencé à échanger sur le football, une alchimie est née et nous nous entraidons depuis. Je ne le connais pas personnellement, mais nous partageons une fraternité par notre approche du jeu. »

CHILI CHAMPION ! 44

– De quoi avez-vous parlé ?

JM.L : « Nous avons eu des discussions sur les méthodes d’entraînements, notre expérience, sur quelques joueurs, mais je ne me permettrais pas de donner des conseils à quiconque », précise l’ancien coach de la Real Sociedad et des Millonarios de Bogota. « Il m’a appelé et c’est ainsi qu’à pris forme notre amitié. Sampaoli est très attaché à proposer du jeu de position, principe qui permet à ton équipe d’être dominante dans toutes les situations de jeu. Il est dans cette ligne. »

Lillo affirme qu’il a vu la Copa América dans son intégralité et qu’il prend désormais des notes sur la Gold Cup. « Le Chili joue coup pour coup, avec un rythme si élevé qu’il te fait jouer en sixième vitesse presque tout le match. Je sais comment se comporte une équipe de Jorge, elle a une intention collective avec et sans ballon. » Lillo établit aussi le parallèle entre le Chili de Sampaoli et celui de Marcelo Bielsa. « Le point de départ est de dominer l’adversaire en ayant le ballon, mais de ce Chili, je vois moins d’initiative individuelle même si celui de Marcelo ne se basait pas que sur du homme à homme (…). Aujourd’hui, le joueur chilien a un meilleur rapport avec la profondeur. Alexis fait des appels et génère des situations, Vargas également. »

– Sampaoli a essayé cette fois un modèle plus axé sur la possession qui a réduit par moment la vitesse du jeu. Une réussite, selon vous ?

« Les joueurs déterminent le style. Les qualités de Valdivia, Vidal, Aránguiz, Díaz, et de Pizarro s’il joue, donnent beaucoup de sens à la vitesse des joueurs qui les entourent. Dans l’entrejeu, il y a aussi des joueurs capables de se projeter pour exploiter l’espace. Il y a une conduite répétée : le joueur qui voit l’espace libre l’occupe ou le joueur qui dépasse la ligne du ballon continue de se projeter ; ce vertige ne peut pas le quitter. Quand les joueurs de l’entrejeu ont le ballon, la vitesse du jeu est moindre, mais c’est pour ensuite accélérer. La baisse de rythme donne un sens au rythme soutenu. Alexis et Isla se proposent jusqu’à dix fois par match dans l’espace par match. »

– Le Chili vous a-t-il impressionné ?

« Sampaoli a pris la décision de privilégier le jeu de position et a fait de la possession de balle l’unique moyen pour gagner. Et il a eu le plus important : des joueurs de qualité. C’est une équipe pleine de vie, d’une grande vitalité. Le joueur que j’ai le plus apprécié ? Claudio Bravo, parce que je l’ai entraîné et que j’ai beaucoup d’affection pour lui, mais l’ensemble du groupe a su constituer une synergie où aucun joueur n’était au-dessus d’un autre. »

– Croyez-vous que Sampaoli soit prêt pour diriger un club en Europe, en prenant en compte l’idiosyncrasie du footballeur là-bas ?

« S’il vous plait ! Ce qui est difficile, c’est de trouver un argument pour qu’il ne puisse pas y prétendre. »

– Sampaoli ressemble t-il plus à Bielsa ou à Guardiola ?

« Je ne connais pas le for intérieur des trois. De Pep si, c’est comme mon fils, mais je ne côtoie pas Marcelo au quotidien, comment il résout les conflits. Même chose pour Jorge. Je n’ose pas me prononcer sur cette question si c’est pour que par la suite on en fasse un titre d’article. »

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