New Orleans Saints : retour à la normale


Nous ne nous évertuerons pas à retracer au travers d’une litanie de chiffres ou de résumés de matches la saison 2013 des New Orleans Saints. L’intérêt de l’analyse revêt davantage de pertinence si elle se fit à la réussite ou à l’échec des différentes philosophies prônées tant par l’escouade défensive que par l’escouade offensive. Car c’est bien ça dont il s’agit dès qu’il est question de l’obtention d’un possible Super Bowl pour la franchise de Louisiane.

Après une saison 2012 difficile, la saison 2013 des Saints de la Nouvelle-Orléans a rendu son verdict. Si les hommes de Sean Payton ont dû s’incliner en playoffs au CenturyLink Field, à deux matchs du Super Bowl face aux Seahawks de Seattle (épouvantail de la conférence nationale), cette saison aura tout de même vu les Saints revenir dans la hiérarchie.

He’s back. We’re back.

Sean Payton est de retour dans son dôme après une suspension d’un an pour l’affaire du bountygate (système de primes visant à blesser les adversaires). Depuis, il a eu le temps de potasser son playbook et de rajouter de nouveaux jeux pour Drew Brees, un temps orphelin. Cette saison 2013, c’était donc l’occasion de voir ce que le head coach avait concocté pour son QB et l’ensemble de l’unité offensive.

temp_MH25550--nfl_mezz_1280_1024

Indéniablement, posséder ou non un head coach de la trempe de Sean Payton fait la différence. La saison dernière, joueurs et coachs reconnaissaient que son absence n’était pas anodine. Dans sa manière si particulière de préparer les matches, dans ses décisions opportunes, efficaces, par sa capacité à faire des appels de jeux bien sentis tout en jouant avec les règles… Certains joueurs allaient même à dire que durant son absence, ils entendaient inconsciemment la voix du stratège dans leurs têtes, si souvent habitués aux consignes létales du sorcier. Une relation presque mystique illustrant à elle seule l’importance de l’être perdu.

Sa présence fait la différence par le respect, l’autorité qu’il incarne et dans le rythme indispensable à trouver pour les séries offensives. Sean Payton amène à l’attaque des Saints ce que la musique est à la Nouvelle-Orléans : le groove, la soul. Le cœur. Sa présence fait la différence parce qu’il fait l’unanimité. Car le leader reconnu, titré, louangé a en tout temps cette assurance qui lui permet de galvaniser ses troupes, d’insuffler par son aura cette confiance dans les âmes de l’ensemble du roster. Plus simplement, quand vous incarnez la raison, il y a alors cette ambiance différente et enivrante qui déteint sur l’ensemble de l’organisation (la franchise).

Avec un bilan négatif pour la saison 2012 de 7 victoires pour 9 défaites, Payton reconnaissait à l’aube de la nouvelle : « avec ce bilan, nous n’étions pas à notre place », mais ne s’en laissait pas compter : « le niveau d’attente que l’on suscite, nous l’avons (toujours). Nous l’avons développé et nous avons travaillé dur pour le créer ». Rappel, Payton est arrivé en 2006 avec un simple objectif : faire de la franchise de Louisiane une potentielle candidate au Super Bowl. C’est avec Sean Payton que la franchise a pu, à quatre reprises, dominé la ligue en yards gagnés par match (2006, 2008, 2009, 2011). C’est grâce à Sean Payton si la franchise fait partie des meilleures attaques de la ligue depuis 2006. C’est avec lui que les Saints ont gagné leur premier match de playoffs, un Super Bowl (XLIV) et que cinq victoires en playoffs plus tard, la franchise est ce qu’elle est, et ce qu’elle sera tant qu’il sera là : une candidate chaque saison pour le titre suprême.

Hybridation

Si le football américain est un des sports les plus tactiques, la NFL est à observer d’un œil microscopique. Diversité de joueurs, pullulement de systèmes et d’appels de jeux qui peuvent virer au vice (hors-jeu, interférence de passe…), comme tout est question d’équilibre, tous les moyens sont bons pour convertir, construire son plan de match ou détruire celui de l’adversaire. Et au jeu des combinaisons fourbes mais géniales, difficile de trouver mieux que New Orleans cette saison. Sean Payton dans le rôle du génie offensif, Rob Ryan dans le même rôle pour le registre défensif, de leur philosophie spécifique revient la même notion : celle de l’hybridation.

  • Offensive 

Densité et diversité

Obtenir une victoire en NFL c’est d’abord avoir une défense impénétrable, puis opportuniste, ensuite un jeu à la course solide pour permettre au quarterback d’équilibrer le jeu offensif, entre jeu au sol et jeu de passe. Draw plays, play actions, shotguns, bootlegs, reverses et autres appels s’enchainent alors pour le plus grand désarroi de l’équipe adverse.

Pour cela, l’escouade offensive de New Orleans a deux particularités : son attaque s’appuie avant tout sur le jeu de passe plutôt que sur le jeu au sol, et elle s’appuie sur un personnel aussi divers qu’homogène. Il suffit de voir le nombre de réceptions complétées par les Saints cette saison : 83 l’ont été par le tight end Jimmy Graham, 76 par le running-back Pierre Thomas, 70 par le receveur Marques Colston à l’instar d’un autre running-back, Darren  Sproles (statistiques à l’issue du dernier match de saison régulière ci-dessous). C’est la première fois dans l’histoire de la NFL que 4 joueurs différents complètent au moins 70 réceptions durant la saison.  Autre chiffre : à l’issue de la semaine 10 (11 novembre), quand Colin Kaepernick a lancé ses 9 passes de touchdowns pour le duo Anquan Boldin/Vernon Davis, 9 joueurs des Saints avaient au moins un touchdown à leur actif. Ça passe à tout-va et pour tout le monde.

Réceptions Saints saison 13

Chip Kelly, head coach des Eagles de Philadelphie et de l’attaque la plus explosive de la ligue, ne cachait pas son appréhension à la vue de ces caractéristiques offensives avant le NFC wild card game, premier match des playoffs :

« Le problème, c’est Drew Brees. Il est si talentueux et possède une si grande maîtrise de ce qu’il fait. Tu lui mets cinq gars en pression, il peut se faufiler aisément. Il comprend les couvertures. Il comprend comment on joue face à lui. Il est très compliqué à déstabiliser. Il est à ce niveau depuis tellement longtemps. C’est le même matchup que si tu faisais face à Peyton Manning. Ils sont si habiles, si techniques pour diriger leur attaque malgré les changements de couvertures et la diversité des systèmes. Il a beaucoup d’armes potentielles et c’est ce pourquoi ils ont un jeu offensif aussi varié. Vous ne pouvez pas prendre des risques en défense et vous dire : si on parvient à annihiler ce mec-là, on pourra s’en sortir. »   

Pour résumer le caractère total de l’attaque des Saints, il poursuit : « Il s’agit probablement de l’unité offensive la plus difficile à défendre parce qu’ils vous attaquent horizontalement et verticalement. » 

Pour personnifier ce trait distinctif offensif et percevoir l’hybridation dans l’hybridation, le cas le plus connu demeure celui de Jimmy Graham. Tight end de 2,01 m pour 120 kg, du profil de Tony Gonzalez (néo-retraité des Falcons d’Atlanta) ou de Julius Thomas (Broncos de Denver), l’ancien basketteur de l’université de Miami peut très bien faire figure de receveur (si bien que son franchise tag pose problème aujourd’hui). Par ses qualités, il contrarie bon nombre de coordinateurs défensifs de la ligue : grand, costaud, rapide et puissant. En bout de ligne, on met face à lui un joueur puissant, un linebacker, il sera trop rapide, et face à un cornerback, il sera trop puissant. On aura beau changer le matchup pour mettre face à lui un safety, mais il sera trop athlétique. Partout où il s’aligne, il présente un déséquilibre pour la défense.

Maîtrise du jeu de passe : attaque référence, play-calling et Drew Brees

Quand la majorité des attaques NFL s’appliquent à trouver l’équilibre entre le jeu de passe et le jeu au sol, Sean Payton s’efforce à trouver l’équilibre dans le jeu de passe. Une chose que personne ne fait mieux que les Saints dans la ligue, en changeant les plans de matches et les appels chaque week-end. Sean Payton est l’auteur de l’attaque la plus prolifique de NFL depuis 2006. Depuis la constitution du duo Payton-Brees, les Saints dominent la ligue en yards gagnés à la passe, en tentatives, en completions et en passes de touchdown. Aucun autre duo n’a été aussi prolifique dans cet aspect du jeu. Cette saison n’a pas dérogé à la règle : New Orleans fut la 4ème attaque de la ligue, et la 2ème à la passe.

Si le play-calling est un art, Sean Payton en est un maestro. Depuis son arrivée dans la ligue, sa réputation de plus fin stratège n’est plus à faire. Son génie est largement basé sur son audace (on se souviendra de l’onside kick lors du Super Bowl XLIV) et son habileté à reconnaitre puis exploiter les déséquilibres entre les personnels. Une fois l’attaque installée, elle laisse place à cet orchestre de brass band typique de la ville qui marche inlassablement au rythme de la percussion des jeux en laissant chaque membre de l’escouade jouer sa partition, y apporter sa contribution. Dallas a pu le voir à ses dépens : New Orleans a obtenu 40 firstdowns contre les Cowboys, soit un nouveau record NFL, preuve que la domination des Saints fût totale. Car maîtrisée.

Une symphonie dirigée de main de maître par Drew Brees. On dit bien souvent qu’il est le produit du système instauré par Sean Payton. Or, il possède tous les attributs requis pour conduire une attaque complexe. Drew Brees n’est pas le produit du système, il en obtient la quintessence. Il excelle dans les lectures pré-snap, arrive régulièrement à trouver jusqu’à 10 receveurs différents par match (il a trouvé six porteurs de balles et onze receveurs différents contre Tampa Bay lors de la semaine 17, record de la saison), preuve que l’équilibre à la passe côté Saints n’a pas son pareil. Sa faculté à dégainer pour trouver l’homme libre (2.17 secondes après le snap, le plus rapide de la ligue) malgré sa petite taille pour le poste et malgré la pression (1,83 m), démontre qu’il répond parfaitement aux plus petites subtilités de l’attaque prônée par Sean Payton.

80473401

Le jeu au sol et la West Coast offense

Si le jeu de passe des Saints est chirurgical, cette saison, le jeu au sol fut loin d’atteindre ce même éclat : la franchise louisianaise a fini 25ème attaque dans cette catégorie statistique. C’est aussi la seule franchise à utiliser régulièrement quatre running-backs (Pierre Thomas, Mark Ingram, Darren Sproles et Khiry Robinson) quand seulement quatre équipes de la ligue en utilisent trois pour porter la balle 50 fois ou plus (contre 147 portés pour Thomas, 78 pour Ingram, 54 pour Robinson, 53 pour Sproles). Si nous sommes loin des saisons 2009 et 2011 où les Saints avaient terminé sixièmes de la ligue à la course, certains matchs ont démontré qu’en dépit d’une ligne offensive perfectible, ils étaient capables de courir efficacement : face aux Patriots (131 yards), aux Eagles (185 yards) mais surtout face aux Cowboys (242 yards). Les running-backs des Saints ne sont pas sous-exploités, mais restent trop souvent inconséquents (3.8 yards par porté, 26è de la ligue). Il revenait à Sean Payton de répondre à ces difficultés.

Bill Walsh avait popularisé ou amélioré (c’est selon) une certaine manière de voir le football offensif (durant les années 80 et par l’obtention des Super Bowl XVI, XIX et XXIII). Si Sid Gillman et Don Coryell en sont les pères, le head coach des 49ers de San Francisco avait démocratisé le privilège du jeu de passe sur la course (quand la norme voudrait le contraire). Des passes courtes, horizontales et précises dont le but est d’étirer la défense pour établir le jeu à la course et/ou de densifier la couverture adverse pour établir le jeu de passe et favoriser les big plays. C’est la West Coast Offense. Et New Orleans utilisa particulièrement, voire très souvent, cette philosophie pour ses running backs.

A la différence que, pour l’attaque des Saints, Sean Payton a légèrement modifié le modèle Walsh en alternant appels courts et classiques pour des appels plus verticaux afin d’optimiser l’occupation du terrain. Surtout, son empreinte est fine et habile : l’objectif est de faire de ces passes courtes et horizontales une parade du jeu au sol, s’en servir comme extension à la course (à l’instar des passes écran). Non seulement Sean Payton demande à ses running-backs d’être des receveurs à part entière, mais de surcroit, peut les impliquer, comme les tight ends, dans leurs zones faibles (en dehors du backfield pour les premiers, le long de la sideline pour les seconds). C’est notamment cet aspect qui rend unique le secteur offensif des Saints. Le but est triple : trouver et maîtriser le rythme (1), aider, sécuriser, maximiser la course des running-backs autrement que par des appels conventionnels (2). Et d’ouvrir le jeu aérien, permettre à Drew Brees d’optimiser son jeu de passe qu’on ne présente plus, qui fait de lui le QB futur hall of famer qu’il est devenu et, de facto, permettre à  la franchise de se constituer en potentielle victorieuse du Super Bowl chaque saison (3).

Stats Brees et ses réceveurs 06.122006-12 Stats Brees et ses réceveurs 132013

Réceptions des RB
Comment intégrer ses running-backs aux systèmes ? On en fait des receveurs

Les statistiques parlent d’elles-mêmes : depuis l’arrivée de Drew Brees, les Saints ont toujours été dans les quatre meilleures attaques de la ligue (soit 8 saisons de suite comme la référence dans le jeu offensif). Cette saison, les records ont continué de tomber : Drew Brees est désormais le QB le plus précoce à atteindre la barre des 50 000 yards à la passe (en 183 matches, contre 191 pour Peyton Manning, second), le seul QB de l’Histoire à avoir dépassé les 5000 yards en saison quatre fois consécutivement, le seul de l’Histoire a avoir dépassé les 4000 yards en saison pour la huitième saison consécutive, le seul à avoir lancé plus de 30 touchdowns durant six saisons consécutives… La philosophie offensive utilisée par Sean Payton est agressive où le jeu au sol est explicitement diversifié et où Drew Brees s’appuie sur l’ensemble du corps offensif présenté. L’ensemble. Pierre Thomas, Lance Moore, Darren Sproles, Robert Meachem, Jimmy Graham, Kenny Stills, Mark Ingram, Benjamin Watson, Marques Colston, Khiry Robinson, Josh Hill…. A la Nouvelle-Orléans, il n’y a pas de « go to guy » attitré qui se plait à dominer le backend adverse, on fait les choses en partageant.

Exemples

Des équipes comme les Redskins (sous le coordinateur offensif Kyle Shanahan), les Eagles voire les Seahawks et les 49ers ont utilisé et utilisent cette alternative de West Coast offense à bon escient en variant celle-ci avec des appels plus traditionnels. Conséquence, cette saison, Philadelphie a été la meilleure équipe de la ligue dans le jeu au sol, les 49ers, la 3ème ; les Seahawks, la 4è ; et les Redskins, la 5è. Les Eagles ont participé aux playoffs, les 49ers ont disputé la finale de conférence, les Seahawks disputeront le Super Bowl, démontrant pour le mieux que l’ère de la pass-centric offense est révolue.

Pourquoi les Saints ne peuvent se permettre de centrer leur attaque sur le seul bras de Drew Brees ? Que ce soit Tom Brady, Peyton Manning ou Aaron Rodgers, tous ces QB d’élite possèdent un jeu au sol un minimum influent : les Patriots ont eu la 9ème attaque au sol, les Broncos, la 15è, et les Packers, la 7ème. Parce que si l’approche archaïque, grâce à un jeu aérien référent n’entame pas le rendement offensif durant la saison régulière, il en est toute autre chose dès qu’il s’agit des playoffs (et donc dans la quête d’un possible Super Bowl). Car comment installer votre jeu de passe quand vous devez faire face aux équipes les plus physiques ?

Jusqu’au-boutisme idéologique ?

Trois matches ont été particulièrement parlants : la double confrontation face aux Seahawks, en saison régulière puis en demi-finale de conférence, et le match de saison régulière contre les Jets de New-York.

Lors des deux matches face à Seattle, l’intensité défensive des Hawks fut supérieure. Lors des deux matches face à Seattle, le deuxième rideau défensif des Hawks (linebackers) avec l’appui d’Earl Thomas (safety) a presque totalement annihilé le corps de receveurs des Saints en occupant le moindre espace. Lors des deux matches, on a pensé au blow-out. Les Saints restaient sur 43 matchs consécutifs avec au moins 200 yards passés, ce qui constituait un record NFL ? Il est tombé. Pour la 1ère fois de l’ère Sean Payton-Drew Brees, aucun first down n’a été obtenu durant les 3 premiers drives lors du match de saison régulière. Les Saints y ont également connu le plus large déficit à la mi-temps (27-7, 20 points d’écart) depuis 2007 (Tampa Bay Buccaneers, 21-0). Pour la première fois en carrière, Drew Brees passa pour seulement 34 petits yards à la mi-temps de la demi-finale de conférence ! Offensivement, les Saints sont restés dépassés par l’animalité et la promptitude de la défense des Hawks. Que ce soit par le pass rush, la protection de passes (couverture) ou la défense en homme à homme. La lecture par rapport à la défense, sur les blitz et l’adaptation est restée très pauvre. Surtout, la défense des Hawks a largement dominé la ligne offensive des Saints sur la ligne de scrimmage. Défensivement, Russell Wilson gêna énormément la défense par sa mobilité et sa capacité à garder ses options de jeu. New Orleans n’a pas aussi bien répondu au défi physique comme la franchise avait pu le faire contre les 49ers (victoire 23-20). A Seattle, les Saints ne pouvaient que s’incliner devant une telle discipline.

De manière totalement différente, la défaite lors de la semaine 9 contre les Jets à New-York a parfaitement illustré la contre-productivité du jeu de passe sans implication significative du jeu au sol. Face à une équipe physique, l’une des meilleures défenses de la ligue et la meilleure de la ligue contre la course, en fuyant la difficulté, l’absurde a voulu que les Saints lancent la balle à 51 reprises et entreprennent seulement 12 courses. Quand on sait combien il est difficile de s’ajuster, de modifier les audibles (les changements de jeu) dans le huddle, à l’extérieur, et contre un pass rush de haute volée, vous avez tous les éléments présents pour vous compliquer la tâche. Courir avec le ballon est la norme mais Sean Payton veut gagner avec ses méthodes, et avec elles seules.

De son côté, comment ont joué les hommes de Rex Ryan ? Ils ont joué un football très physique. L’ancien running-back des Saints, Chris Ivory, a d’ailleurs donné la leçon : 139 yards pour 18 tentatives et 1 touchdown. Les Jets ont couru avec le ballon 36 fois pour 198 yards gagnés pendant que les Saints n’ont gagné que 41 yards. Les Jets ne partaient pas favoris face aux Saints (et ils restaient sur une lourde défaite 49-9 face aux Bengals de Cincinatti) mais malgré leur manque de talent et de consistance, leur jeu naturellement physique a suffit pour rivaliser, puis l’emporter. Les Jets ont pu courir avec le ballon et stopper la course, les deux aspects fondamentaux pour espérer l’emporter.

Face à la meilleure équipe contre la course de l’époque, les Jets, et face à la meilleure défense de la ligue, les Seahawks, les Saints n’ont jamais pu imposer leur jeu.

  • Défensive

Rob Ryan show

hi-res-181572481-defensive-coordinator-rob-ryan-of-the-new-orleans_crop_north

Pourtant, ce n’était pas faute d’avoir su bénéficier d’une défense revenue à un niveau plus qu’acceptable. Allons même plus loin : en s’inspirant de l’attaque, elle a su, par moment, porter à bout de bras l’attaque des Saints (rien que durant les playoffs). Car cette saison, les Saints devaient faire face à un sacré chantier : arrêter d’être la risée défensive de la ligue après une saison 2012 désastreuse où l’antagonisme notoire rendait caduque l’espoir de tutoyer les sommets. Lors de la saison 2012, quand l’attaque tournait à plein régime, la défense de Steve Spagnulo, elle, succombait. Le coordinateur défensif fraichement licencié par les Cowboys de Dallas, Rob Ryan, a donc été prié d’y remédier. Un homme qui, en plus d’être revanchard, est, comme Sean Payton, reconnu pour son ingéniosité et sa versatilité. La tâche n’était pas simple certes, mais pas non plus très compliqué : il s’agissait d’être plus efficace que la défense qui prenait plus de 440 yards et plus de 4 touchdowns par match (49 en saison). De faire mieux que la pire défense de l’histoire de la NFL (!).

En principe, le nouveau coordinateur défensif opère à des changements, qu’ils soient de positions ou de systèmes qui lui sont propres obligeant une adaptation du vocable pour les ajustements en vertu du/des plan(s) de matchs(s). Les différentes responsabilités doivent être travaillées, intégrées, cela demande un remaniement au niveau des attitudes, des habitudes propres à chaque poste et pour chaque situation. Mais pour la défense de Rob Ryan, ces prérogatives ne sont pas existentielles si tant est que l’escouade brille par sa polyvalence.

Lui qui devait transformer cette défense poreuse, a t-il réussi la transition en passant d’une formation 4-3 basique à une formation 3-4 agressive qui le caractérise ? Mieux que ça, non seulement a t-elle fait preuve de solidité (voir ci-après) mais les systèmes et les changements de personnels se sont multipliés avec audace et avec une relative efficacité. Selon Bleacher Report, parmi les 10 formations les plus utilisés par Rob Ryan lors des 10 premiers matchs de la saison, seulement deux d’entre elles ont été composé de 3 linemen défensifs et de 4 linebackers comme attendu. Le reste du temps ? La ligne défensive est restée illisible. Disposée tantôt en 4-2, tantôt en 3-3, 2-4, 2-3, 3-2 avec 5 ou 6 defensive backs voire en 3-5 contre les 49ers (davantage susceptible d’adopter le read-option), les Saints ont exécuté à merveille une défense dite de « confusion ». Pour intégrer les innombrables systèmes de Rob Ryan, le linebacker doit être un pass rusher, et le safety avoir des qualités de linebacker. Savoir mettre la pression sur la ligne offensive comme en couverture. Un jeu hybride demande des joueurs hybrides. Ça shift (se déplace), embrouille la lecture du QB adverse, ça étonne.

Exemple contre Dallas :

Exemple BLITZ vs Cowboys
Défense illisible : par son mouvement, elle crée de la confusion
Exemple BLITZ vs Cowboys 5
Identification du blitz : 6 joueurs de la ligne défensive debouts avant le snap
Exemple BLITZ vs Cowboys 6
Création de 2 poches : qui au blitz ? Qui en couverture ? Droite, gauche, plein axe ?
Exemple BLITZ vs Cowboys 7
Tracés des pass rushers
Exemple BLITZ vs Cowboys 8
Sur le reculoir (sa ligne offensive a déjà perdu 5 yards, cf la première capture d’écran) et incapable de lire le blitz, Tony Romo fuit latéralement et cherche une solution. Il n’en a aucune. Chaque receveur est couvert (traits jaunes) et devant la pression de Cameron Jordan (flèche), Romo se débarrassera du ballon. Passe incomplète. Punt.

Multiplicité des systèmes grâce à des joueurs (très) polyvalents

Cette confusion, c’en est d’ailleurs sa marque de fabrique par le blitz et les mouvements de la défense pré-snap. Ryan a cet art de créer de la confusion avec un mouvement constant pour gagner favorablement la bataille de l’intox. Chip Kelly témoigne :

« Ils (les défenseurs) ne sont pas toujours dans le même spot, donc tu ne peux pas sortir et dire : ‘Hey, ce mec est le defensive end et nous savons qu’elle défense il adoptera.’ Il (Rob Ryan) va les déplacer et ensuite installer des poches de blitz sur l’ensemble de la ligne, et une fois que la confusion est installée, ils l’exploitent. »

De manière empirique, Chris Carr, corner devenu safety qui a déjà joué sous les ordres de Rob Ryan avec les Raiders d’Oakland, explique :

« La plupart des coordinateurs défensifs ont leur base de travail et sont susceptibles de présenter un ou deux nouveaux appels en se basant sur ce que va faire l’adversaire. Mais Rob, lui, va instaurer un nouveau système en renouvelant totalement la défense. » « Il a confiance en nous, en nos capacités de compréhension et de pratique. La chose la plus importante est de savoir s’accorder avec les nouvelles défenses, les nouveaux systèmes, les nouveaux ‘fronts’, et que tu as des gars intelligents qui se soucient et se nourrissent de cette diversité. »

Le regain défensif ne s’explique pas seulement par les systèmes adoptés. Cette saison a confirmé que la ligne défensive ne manquait pas de talent à défaut qu’on sache l’exploiter. Sa principale qualité : l’habileté des linemen (et des linebackers) à mettre la pression sur le quarterback. Avec intensité et régularité. Cela permis de mettre plus de défenseurs en couverture, força les receveurs adverses à mettre plus de temps pour se rendre disponible obligeant a fortiori au QB de mettre plus de temps à les trouver. Le pass rush fit son effet et avec cette facilité à neutraliser l’attaque adverse, on comprend mieux pourquoi le niveau atteint par l’unité se perpétue avec la multiplication des systèmes et des confusions mis en place.

Rob Ryan a fait de 3 linemen, Junior Galette (25 ans), Akiem  Hicks (23 ans) et Cameron Jordan (24 ans), une véritable armada qu’il a lui-même façonné. Il a fait de Junior Galette, outside linebacker, un véritable defensive end et joue de ce changement de responsabilité pour perturber la ligne offensive adverse. Ryan a également usé la versatilité du sophomore Akiem Hicks, lineman défensif nose tackle avec le temps, mais capable d’évoluer aussi bien en tackle droit, en tackle gauche, qu’en defensive end. Et Ryan exploite parfaitement le talent certain du leader défensif Cameron Jordan qui, a mi-saison, mettait autant la pression sur les QB que J.J Watt, référence dans le genre (28 mises sous pression contre 27).

La défense dans son ensemble a accumulé les statistiques de haut vol. 4ème de la ligue en termes de sacks (49 sacks en saison), Cameron Jordan et Junior Galette sont respectivement cinquième et sixième pass rusher de la ligue avec  des sacks à deux chiffres pour atteindre 24,5 sacks (respectivement 12,5 et 12 sacks, premier duo depuis 2004 à atteindre des sacks à deux chiffres après le duo Darren Howard/Charles Grant). Après 10 matches, 16 joueurs différents ont tenté de pass-rusher le QB (2 defensive backs,  7 linebackers et 7 linemen défensifs) et 18 joueurs ont eu un sack, un contact ou une précipitation du QB à leur actif ! Ligne défensive très jeune, play-calling aussi efficace qu’intelligent, linemen complets et parfaitement dans le ton de leur coordinateur défensif : affamés et agressifs. La défense des Saints est passée de la pire défense de la ligue à la 4ème à l’issue de la saison régulière. Un delta quasi-inespéré.

Junior Galette sack Cam Newton et nous gratifie d’une petite réinvention de la célébration « Superman » du QB des Panthers
13911664-mmmain
Un peu plus tard dans le match, Akiem Hicks se paie sa tête en réinventant son envol (nouveau sack de Junior Galette)

Même constat pour la secondary. Alors que l’on se demandait qui le rookie Kenny Vaccaro de l’université du Texas allait remplacer, Rob Ryan a trouvé la solution sans chercher bien loin : par son nouveau schéma (3-4), il a enlevé un lineman défensif et a pu l’intégrer à la manière d’un Earl Thomas en l’alignant un peu partout en deuxième et troisième rideau. Le safety s’affirme dès sa première saison en NFL comme le meilleur arrière défensif de sa franchise avec le corner Keenan Lewis, free agent. Capable de jouer à tous les postes de couverture (a joué strong et free safety, corner, nickel corner, et même linebacker), il s’est affirmé comme étant un des rookies défensifs de l’année et par son profil versatile, aspire à devenir l’un des meilleurs safeties de la ligue.

Rex Ryan qui, avant d’être le frère de Rob est surtout un coach éminemment respecté, a rendu un hommage pour le moins appuyé sur son travail effectué  :

« À mon avis, c’était un des meilleurs boulot de coaching de l’histoire de la NFL », affirma t-il. « Vous partez d’une défense qui était 32e de la ligue – et ils étaient plus proches de la 33e place que de la 31e – et vous améliorez de 130 yards autorisés et 10 points autorisés par match. » […] « Ils ont eu plus de blessures que n’importe quelle équipe de la ligue (Jonathan Vilma, Will Smith, Victor Butler, Kenyon Coleman, Martez Wilson, Patrick Robinson -meilleur intercepteur de la franchise la saison dernière-, Jabari Greer et Kenny Vaccaro –piliers de la secondary- ndlr). Il a du faire des ajustements en permanence en se basant sur l’effectif. Je pense que c’était un des meilleurs boulot de coaching. »

En effet, malgré les nombreuses blessures, la franchise réussira à être la 2ème défense de la ligue contre la passe témoignant de la qualité du banc et du pragmatisme de Ryan pour optimiser le rendement des defensive backs.

 Saints defense    Stats défense de Rob Ryan

(Cliquez pour agrandir)

On attendait une amélioration du secteur, Rob Ryan a effectué un travail historique (voir captures ci-dessus). Talent, confiance, enthousiasme, intelligence collective dans le cadre d’incessantes rotations, Rob Ryan a changé le regard, l’attitude, le discernement de la défense et ce d’une rapidité inouïe. Il a su mettre en place les systèmes qui siéent aux joueurs au nom de l’optimisation de leurs performances. La confusion de l’unité que Rob Ryan a su créer surpris la grande majorité des unités offensives rencontrées. Cette défense est devenue une arme pour disposer au mieux son attaque, une arme pour mettre la pression sur les quarterbacks et limiter les big plays.

A l’issue de la saison, New Orleans est la franchise la plus complète de la ligue en étant la 4ème meilleure attaque et la 4ème meilleure défense (la seule à être dans le top 5 dans les deux tableaux). De quoi voir l’avenir sereinement.

Observations

  • Générales

Bilan

12-6, dont 3 défaites lors des cinq derniers matchs de la saison régulière. C’est la 4ème fois sous l’ère Sean Payton que les Saints obtiennent 11 victoires ou plus au cours de la saison (2009, 2010, 2011, 2013). Soit les quatre dernières saisons sous ses ordres en somme.

Historique

Ça y est, c’est fait, les Saints ont fait taire les mauvaises langues en démontrant qu’ils n’étaient pas ces petits garçons qui découvraient pour la première fois la neige. Nouvelle couleur de Gatorade (de l’orange au vert), Popeyes épicés (poulet frit), beefy mac chéri par Drew Brees (bœuf et macaroni) et tenues de circonstance leur ont permis de gagner leur première victoire à l’extérieur en playoffs de l’Histoire de la franchise face aux Eagles de Philadelphie.

Superdome

8 victoires, 0 défaite. S’il y avait bien une citadelle imprenable cette saison en NFL, il fallait aller du côté de la Nouvelle-Orléans. Les Saints ont remporté l’intégralité de leur match au Mercedes-Benz Superdome. Les seuls avec les Bengals de Cincinnati. C’est simple, les Saints restent sur 24 matches consécutifs à domicile avec 21 points marqués ou plus à domicile, série en cours. Nouveau record NFL détenu jusqu’alors par les Miami Dolphins (1983-1986). Depuis 2011, les Saints de Sean Payton (excepté la saison 2012 donc) restent sur un bilan exceptionnel : 16 victoires, 0 défaite. Invincibles.

On the road

3-5 à l’issue de la saison régulière à l’extérieur. Exécution face aux Seahawks, défaite à New-York expliqué plus haut, face aux Patriots, aux Rams et aux Panthers. Les trois dernières défaites ne sont dues qu’à deux facteurs principaux (davantage que les conditions extérieures) : une ligne offensive moins efficace à l’extérieur (désastreuse face aux Rams), un play-calling offensif et défensif contestable en fin de match qui n’optimisa pas l’utilisation de l’horloge (face aux Patriots et aux Panthers).

Drew Brees

Exceptionnel. Il a complété 446 de ses 650 passes (68.6 %) pour 5,162 yards, 39 touchdowns, 12 interceptions, 3 touchdowns à la course et une évaluation de 104.7. Seul Payton Manning a fait mieux dans ces catégories statistiques. Plus de 5000 yards cette saison pour la quatrième fois en carrière et ce de manière consécutive, de cette catégorie statistique, il est historique (personne n’a réussi plus d’une saison à 5000 yards). Seule ombre au tableau : ses performances irrégulières en fonction de l’environnement.

Tournants de la saison 

Il y en a eu 3. Les 3 possibilités qu’ont eu les Saints de s’assurer de jouer les playoffs à domicile jusqu’à la finale de conférence. (1) Semaine 11, Seahawks-Saints au CenturyLink Field : Monday Night Football, suprématie définitive de la division, suprématie quasi-définitive de la conférence (#1 Seed). (2) Match à Saint-Louis face aux Rams, une victoire suffisait pour gagner la division. (3) Semaine 16, Panthers-Saints. Le match de la division et très beau résumé d’une fin de saison cruelle : une défaite qui ne devait pas en être une. A l’appui, une boxscore surréaliste :

Boxscore vs panthers
Comment peut-on gagner un match NFL avec une efficacité nulle sur 3ème tentative ?!
  •  Offensives

Déficience physique

L’habileté avec laquelle les Seahawks ont muselé l’attaque des Saints et la manière dont ils ont monopolisé l’espace nous laissait déjà penser que Seattle serait difficile à battre jusqu’au Super Bowl. Les Saints ont dû faire face à la plus talentueuse défense de la ligue. La meilleure contre la passe. La plus complète. A l’extérieur et dans l’enceinte la plus insoutenable de la ligue. Seattle était la dernière franchise à affronter pour les Saints lors des playoffs.

Comment remédier à l’avenir face à ce type d’équipe physique ? Quitte à compter sur ses armes offensives, autant aller jusqu’au bout et jouer la no-huddle offense. Ne pas hésiter à mettre la meilleure escouade possible pour amener du rythme en jouant en accéléré. Non seulement cela va user la défense adverse, mais aussi la forcer à faire des erreurs en la forçant à rester sur le terrain. Quand on connait la lecture défensive de Drew Brees et avec l’escouade versatile à disposition, il y a de quoi faire des appels savoureux. Quelle équipe utilise ce type d’attaque ? Les Eagles de Nick Foles. Ce QB qui dirige la 2ème meilleure attaque de la saison, au ratio le plus élevé (27 TD pour 2 interceptions), qui possède l’évaluation la plus élevée de la ligue (119,2) soit la troisième meilleure de l’histoire de la NFL (!). Bonus contre les Seahawks : éteindre le CenturyLink Field et faciliter la communication.

Ligne offensive insuffisante à l’extérieur

Pour que les Saints l’emportent, la condition première repose sur le rendement de la ligne offensive. Soit laisser le temps suffisant à Drew Brees pour poser ses grenades, cisailler les défenses adverses et, par le tournis provoqué et le rythme trouvé, que les running back puissent pilonnés. La base du jeu offensif des Saints, c’est de protéger son QB du pass rush. La domination de la ligne de scrimmage suffit à elle seule pour laisser place libre à la diversité du jeu puisque dissuade le pass rush adverse. Intraitable à domicile, la ligne offensive a rencontré beaucoup plus de difficultés à l’extérieur. Résultat, Drew Brees a subit 37 sacks quand il n’en n’avait jamais subit plus de 27 en saison jusqu’à présent (!). Les postes intérieurs auront été parfaits au contraire du poste de tackle gauche (le rookie Terron Armstead aura remplacé Charles Brown et montra de bonnes dispositions en playoffs). Des performances qui auront beaucoup joué sur la fin de saison régulière médiocre des Saints.

Unidimensionnel ?

Sans Pierre Thomas (le RB titulaire, blessé à la poitrine), les playoffs ont mis en lumière combien le manque d’engagement du jeu au sol conventionnel a été au détriment d’une unité qui avait tous les outils pour réussir. Mark Ingram fut excellent lors de la victoire en wild-card face aux Eagles de Philadelphie. Un match référence qu’il n’a pas su produire pendant la saison (seulement face à Dallas). Et face aux Seahawks, un homme s’est révélé durant ces playoffs : le rookie Khiry Robinson. Utilisé avec parcimonie, ce free agent fut étincelant au CenturyLink Field. Il a couru 102 yards pour 21 portés (moyenne de 4,9 yards), a montré une belle explosivité et une grande capacité à casser les plaquages (chose que Pete Carroll a regretté, un signe). Sean Payton avait choisi de courir avec le ballon et l’a sollicité comme jamais jusqu’à présent (13 fois), sûrement parce qu’il s’était entretenu dans la semaine avec Bill Parcels, son mentor, et que ce dernier aurait comparé le rookie non drafté au hall of famer Curtis Martin. Ni plus ni moins.

  • Défensives

Manque de turnovers

Malgré l’agressivité de la défense, on pourra cependant regretter le manque d’opportunisme durant la saison : peu d’interceptions (12), aucun pick-six (seul franchise dans ce cas avec les Vikings et les Packers) et des turnovers trop loin de la end zone adverse pour prendre des points. Un opportunisme que le cru 2009 incarnait à merveille : 39 turnovers provoqués comprenant 26 interceptions, 7 touchdowns défensifs avec 5 joueurs différents, et des escouades offensives adverses limités à 34 touchdowns durant la saison. La production de turnovers, c’est ce à quoi la défense tend pour la saison prochaine. Sans doute la deuxième lame de l’ère Rob Ryan.

Romain Laplanche

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s