Martin Fourcade, pour la postérité


Dans le sport, il y a des athlètes de haut niveau, et il y a les autres. Des femmes ou des hommes qui transcendent leur sport par leurs performances, leur philosophie ou leur état d’esprit. Certains allient les trois à fois. Titres en profusion, charisme originel, facilité naturelle ou forçats de la tâche. Des champions. Des êtres tels que Martin Fourcade, pépite du sport français de 25 ans, double vainqueur de la coupe du monde générale de biathlon et quintuple champion du monde. Présent sur le circuit depuis sept saisons, il éclabousse sa discipline par son assurance et son triomphe impudent. Mais avec les Jeux Olympiques de Sotchi qui se profilent, est venu le temps de rentrer définitivement dans le gotha. Pour cela, il n’y a qu’un pas : obtenir le titre olympique.

Le biathlon est un sport à part dans les épreuves dites de « ski ». Il n’y a pas la vitesse des descendeurs, la virtuosité des slalomeurs, le relâchement et la prise d’angle des géantistes, ni la folie pure ou l’inventivité des freeriders. Non, au biathlète, on lui en demande beaucoup plus. On lui demande d’être aussi consistant sur 10kms (sprint) que sur 20 (l’individuelle). On lui demande au cours de l’effort, et malgré l’acide lactique qui paralyse, d’immobiliser radicalement ses membres pour, à 50 mètres de cibles au diamètre d’olive [1], y nicher ses balles au prix d’une dextérité chirurgicale [2]. Adresse qu’il travaille, retravaille. Et retravaille. Comme un ailier shooteur de NBA. Comme un quarterback récite ses passes en vue de « big plays ».

On lui demande d’avoir des jambes de feu mais un bulbe rachidien glacial. De répéter ces souffrances et traumatismes pendant trois, quatre, cinq tours et durant deux, trois, quatre jours. Avec la même régularité et la même intensité. Sprint, fond et concentration. Oui, le biathlon est cruel. Pas qu’un peu, mais tout le temps. On peut être le skieur le plus rapide du circuit et terminer à trois minutes du leader. On peut aussi être un maître artilleur et se faire humilier sur les skis. Être du premier profil le samedi et du second le dimanche. Être biathlète, c’est être Emil Zátopek : un métronome capable de faire fi des événements.

Petit frère

Un profil a priori aux antipodes des attributs du jeune Martin Fourcade. Un enfant très actif qui trouve par le moyen du sport l’occasion, comme beaucoup, de profiter de la vie. Sauf que le judo, le VTT, la natation, l’athlétisme, le hockey n’entament pas assez sa vitalité et ne lui suscitent que trop peu d’intérêt. Les pauses sont trop longues, les efforts trop courts, le cadre trop morne. Il s’essaye alors au ski de fond puis au biathlon pour faire comme son frère aîné, Simon Fourcade, et avec l’assurance de faire travailler aussi bien ses jambes que ses bras, sans la contrainte de suivre un couloir ou l’épreuve directe du temps. Et puis l’effort est continu, avec l’air pur de la montagne où l’on peut profiter d’un paysage pour le moins resplendissant. Le Llagonnait fait de Font-Romeu sa base foncière et, vu que l’endurance lui sied à merveille, décide de quitter ses Pyrénées pour rejoindre son frère au Vercors (Villard de Lans). Le jeune Fourcade prend en main sa carrière. Il y trouvera son destin.

Précocité

L’ascension du natif de Céret est éclatante. À 19 ans, il débute sa carrière en coupe du monde. A 20 ans, il s’installe dans le groupe France et atteint par trois fois le top 10 d’une manche de coupe du monde. A 21 ans, dès le premier week-end de la saison (Östersund), il fait clairement comprendre à la concurrence qu’il s’inscrit comme un futur leader (7ème de l’individuelle et 8ème du sprint). A défaut de confirmer ses velléités gloutonnes et d’engranger de l’expérience, le jeune homme est de ceux qui ne regardent pas l’âge pour goûter à la victoire. Il ne se fait donc pas prier pour briller aux yeux du grand public le 21 février 2010. Le cadet n’a même pas une victoire en coupe du monde qu’il trouve le moyen d’être vice-champion olympique de la mass start des Jeux Olympiques 2010 de Vancouver (dernière course au programme). Il terminera la fin de saison en réaffirmant son exploit : une semaine après les Jeux, il obtient à Kontiolahti sa première victoire en coupe du monde (poursuite) avant d’en décrocher deux autres à Oslo (sprint, poursuite). En cette fin de saison 2009/2010, le jeune dépasse l’idole. Celle-ci n’est pas Raphaël Poirée, Ole Einar Bjørndalen, Michael Greis ou Sven Fischer mais Simon, son frère aîné qui vient d’échouer alors  qu’il portait le dossard jaune de leader de la coupe du monde. Martin vient de « tuer le frère » avant de mieux tuer le game.

efaee

La troisième place au général de la Coupe du Monde de la saison 2010/2011 vient confirmer le phénomène, la saison 2011/2012, le couronner [2]. A 25 ans, ses performances sont hors-pair. Le Catalan s’est adjugé deux fois le globe du général quand à son âge, Raphaël Poirée et Ole Einar Bjørndalen n’en n’avaient qu’un. A 25 ans, Bjørndalen et Poirée ne détenaient aucun titre de champion du monde en individuel, quand Fourcade à lui seul, en détient déjà cinq. Sa saison 2012/2013 est époustouflante : 19 podiums dont 10 victoires en 26 courses, un maillot jaune arboré de l’individuelle inaugurale d’Östersund à la mass-start de Khanty-Mansiysk qui ponctuait la saison, cinq médailles mondiales, le gros globe pour la deuxième saison consécutive avec, en point d’orgue, une mainmise sur le globe de la  poursuite en l’octroyant pour la troisième fois en quatre ans. Quitte à tout broyer, il raflera les cinq globes de cristal, exploit que seul Raphaël Poirée avait réussi en 2004 avant lui.  Ce début de saison 2013/2014 est du même calibre : déjà 5 podiums pour 3 victoires et 13 podiums consécutifs à son actif (un record). Plus qu’un compétiteur, nous avons affaire à un véritable carnassier.

Synergie

Pour expliquer ces exploits, il convient de pénétrer l’esprit du monstre. Le leader de l’équipe de France de  biathlon court parce qu’il a besoin de se sentir créateur. Il court parce que c’est un moyen comme un autre de s’accomplir. Lui-même l’avoue : « Sans le bonheur de faire corps avec l’environnement, j’aurais du mal à continuer. » [3] Il a choisi la voie du biathlon comme d’autres sont doués pour le violon.

Si en Norvège, en Autriche, pour certains Russes ou Allemands, la culture et l’importance de ce sport-roi aliènent les acteurs, Fourcade a un avantage : sa profession est sa vie. Courir est sa manière d’être. A la manière d’un Kilian Jornet (ultra-trailer surnommé « l’ultra-terrestre »), il représente ce triomphe humble, presque désintéressé. L’effort est intense mais ça gagne et s’en va en compétiteur avide de victoires, habité ad vitam aeternam d’une voracité continue. Kilian Jornet avoue bien que s’il court c’est « peut-être pour retrouver ce romantisme où par les temps qui courent, il vaut mieux créer sa propre histoire. Être le protagoniste ou le héros d’un monde dans lequel il apparaît de plus en plus difficile d’atteindre ‘l’épique.’ » Un monde où le biathlon (entre autres) serait cet espace propice à l’expression. A la libération de soi. Si le biathlète hiberne pour s’entraîner, n’est-ce pas pour que la bête puisse mieux s’exprimer ? Martin Fourcade fait des manches de coupe du monde son terrain de jeu dont Östersund et Ruhpolding sont ses sanctuaires. [4]

Biathlon-deuxieme-victoire-de-Martin-Fourcade-a-Oestersund-en-Coupe-du-monde_article_popin

« Martin, c’est un génie du sport comme il y en a peu. »

« Martin, c’est le meilleur athlète du monde. Il est bon dans tous les domaines. Il n’y a rien à dire sur les skis où il domine tout le monde. Il peut encore s’améliorer au niveau du tir mais ses adversaires ne sont pas meilleurs » observe Raphaël Poirée [5]. Ses adversaires, eux-mêmes, l’admettront. Si certains s’approchent avec parcimonie des qualités physiques exceptionnelles du Français, ils ne peuvent se targuer de jouir du même doigté. Les résultats sont pour le moins éloquent : le Catalan, déjà un des plus adroits au tir du circuit (84% de moyenne depuis le début de sa carrière), a gagné encore cinq points en l’espace d’une saison sur son taux d’efficience (89%). « Au tir, il est vraiment super fort. Il dégage beaucoup de sérénité. Je pense qu’il est plus régulier dans l’excellence par rapport à l’an dernier à la même époque » a encore affirmé Stéphane Bouthiaux, l’entraineur de l’équipe de France masculine de biathlon, lors de la présaison 2013/14. [6] Des qualités d’autant plus grandes et louables que le garçon possède encore une marge de progression sur les skis : « Sans forcément augmenter la charge d’entraînements, il va continuer à progresser dans les 3-4 années qui viennent, on peut espérer qu’il gagne 5 secondes en moyenne par année. Il n’est pas encore au bout de ce qu’il est possible de donner en termes de vitesse de déplacement (déclaration extraite du documentaire « Compteurs à zéro » diffusé le 23 novembre 2012 sur Eurosport, ndlr). » Des révélations affolantes eu égard à ses prédispositions certaines et à la répétition de ses performances : « Martin est resté très tard sur le ski de fond. Sur sa dernière année en junior, il est encore champion de France alors qu’il ne l’a jamais été en biathlon » nous rappelle son frère, Simon. Avant d’aller plus loin : « Martin, c’est un génie du sport comme il y en a peu. » [7]

Stats au tir Martin Fourcade 2010.11

Cliquez pour agrandir

Stats tirs 2 Martin Fourcade 2012.13 (L’efficacité du tir de Martin Fourcade, sa régularité, sont d’autant plus remarquables qu’il participe à toutes les épreuves qui lui sont possibles – les 26 courses prévues au programme : il est un des rares à tirer plus de 400 balles dans la saison. Aussi bien lors de la saison 2010/2011 que lors de la saison 2012/2013)

Preuve s’il en fallait une que le phénomène n’est pas qu’une lubie franco-française, le pape de la discipline, Ole Einar Bjørndalen loue explicitement le talent français : « Martin est plus talentueux sur les skis, plus rapide que Raphaël. » Interprétation sous-jacente : ‘vous êtes contemporains du plus grand biathlète que votre pays ait pu contempler.’ Une anomalie du biathlon que la famille du ski de fond a bien perçu : « Ce n’est pas un biathlète comme les autres » admet sans sourciller Maurice Manificat, leader de l’équipe de France. « Sa gagne, sa façon de gagner, son aura, on sent que c’est quelqu’un de sûr de lui, de serein. C’est un peu ce qu’il nous manque sur le ski de fond. Sur tous les derniers gros événements, je trouve que par rapport à l’équipe qu’on a eu, on a parfois manqué des médailles. Peut-être qu’on n’a pas su se transcender et avoir les petits ‘plus’ à ces moments-là, et lui, il l’a ce petit ‘plus’ » reconnaît Christophe Deloche, directeur des équipes de France de ski de fond. » Des éléments qui ne trompent pas sur sa valeur et son éclat : « Il a des capacités hors normes comme tous les champions. […] Ca se voit dans les tests physiologiques, ceux qu’on peut faire en laboratoire, ça se voit à ses paramètres biologiques, ça se voit sur les chronos, tout simplement » constate Stéphane Bouthiaux.

Style

Pourtant, les qualités athlétiques du double vainqueur de la coupe du monde ne sont pas exceptionnelles. Avec son 1,85 m pour 75 kgs, il apparaît filiforme à côté du 1,85 m massif d’Emil Svendsen, son plus proche rival. Mais comme s’il avait besoin d’inscrire davantage son empreinte sur le biathlon mondial, en plus d’écœurer régulièrement ses adversaires, le Français se démarque aussi par sa dégaine. Aérien, son style s’inscrit moins dans l’allure rudimentaire assumé, davantage dans le toucher de neige et la technique pure de déplacement.

Sa capacité à allier relâchement et fluidité lors de la phase de poussée lui permet d’avoir une glisse efficace car la technique est déliée. Une puissance peu perceptible sous sa cadence de bras infernale. On le voit caresser la neige à travers l’écran, alors que sur le site, il l’apprivoise et l’a concasse en même temps (aussi bien aidé par l’équipe technique). Bouche entrouverte mais sans rictus particulier, son regard est invariablement vif et lucide quand ses adversaires courbent l’échine par le poids de l’effort, se crispent et se masquent inconsciemment. Son credo est clair : départ tambour battant, gestion consciencieuse du temps passé sur le pas de tir pour optimiser le rendement, et dernier tour étourdissant. L’échalas reste sur un rythme continuellement élevé quand la norme n’en prévoit de la sorte que par séquence (il n’y a qu’à voir sa faculté à lever les skis en permanence). Martin reste maître de sa course, maître de ses mouvements, maître de lui-même. Cette facilité a tutoyé la maîtrise l’a béni dans la prédication de son sport. Il gère, accélère, tempère et converse même avec ses coachs pendant que ses concurrents sont davantage préoccupés à gérer leurs reflux imminents. Le Catalan est d’une facilité insolente, et c’est sûrement ce qui le rend si grand.

Martin_Fourcade_015

Objectif(s)

Cette indubitable domination va au-delà de l’exploit sportif. Sérénité malgré son statut, maturité face aux enjeux, maestria sur les skis, maîtrise des événements. Une attitude déconcertante face au succès. Le leader de 25 ans en paraîtrait trente cinq. Stéphane Bouthiaux dit de lui : « On a l’impression que le stress et l’importance de l’enjeu, ça lui glisse dessus ». Nul étonnement alors de l’entendre déclarer à l’aube des Jeux Olympiques 2010 de Vancouver (déjà): « L’important aux JO, c’est de les réussir, pas de participer. » [8]  Un simple rappel de sa perception de l’adversité : « J’ai toujours fait du sport pour être le meilleur. Ce statut-là ne m’inhibe pas. C’est ce que je recherche. » [9]

Lors de cette saison 2013/2014, sa suprématie pourrait prendre un caractère indélébile. Cette saison pourrait être celle de l’apothéose. Le biathlète français pourrait égaler Frank Ullrich et Raphaël Poirée en empochant pour la troisième année consécutive le globe du général. Il pourrait surtout être champion olympique, distinction que Raphaël Poirée n’a jamais obtenu. Dans cette quête, le vice-champion olympique reprend depuis les JO de Vancouver la même préparation avec le succès que l’on connaît. Il travailla et travaille encore le domaine grâce auquel les différences se font et se défont : le ski. Tout simplement. Il est usuel de penser que pour dominer sa discipline, il est nécessaire de travailler ses points faibles dans l’optimisation des performances. Sauf que si vous avez le bonheur de ne pas être concerné (peut-on parler de faiblesse pour le -relatif- temps perdu sur le pas de tir avec l’efficacité constatée?), vous continuez de travailler le domaine sujet à vous rendre -encore plus- omnipotent.

En vue des JO de Sotchi, cela signifie s’étalonner avec les plus grands fondeurs du monde. La saison dernière, il a saisi l’occasion (grâce aux qualifications), en prenant part à l’épreuve initiale de la coupe du monde (le 15 km libre de Gällivare), de prendre le pouls de la densité du ski de fond et de s’offrir un nouveau défi (participer aux championnats du monde de Val Di Fiemme auxquels il ne participera finalement pas). Quoi de mieux que de se confronter à la crème de la discipline (Northug, Cologna, Legkov, Vylegzhanin, Harvey,…) afin d’adopter et intégré l’effort, le leur ? Un effort intense, long et régulier pour mieux répondre devant une possible émulation lors des épreuves de biathlon. Ainsi, en discernant ses limites, le plafonnement de sa capacité aérobie (lors d’une épreuve officielle, qui plus est de coupe du monde), il est plus aisé de dépasser toutes conditions afin de faire face à  n’importe qu’elle situation.

« J’ai lu, j’ai entendu, que j’étais le futur Raphaël Poirée mais, moi, je suis Martin Fourcade, pas Raphaël Poirée. Le biathlon français se cherchait un nouveau leader capable de gagner la Coupe du monde et d’être régulièrement sur les podiums. C’est moi, mais la comparaison s’arrête là. On n’est pas du tout pareil dans le caractère : lui, il voulait tout gagner. J’ai énormément de respect pour lui comme pour Ole (Bjørndalen) qui sont des champions immenses. Je m’inspire de ce qu’ils ont fait pour gagner et pour rester au sommet. Mais je ne me bats pas pour rentrer dans le livre des records. Je ne veux pas avoir des titres à la pelle. Si je termine avec ma carrière avec un seul titre, je serai aussi heureux que si j’en avais cinq. » [10]

Le succès reste un processus non continu mais que tout athlète recherche ou qu’il tend à connaître. Pour certains, l’atteindre est un supplice. D’autres, transcendent cette considération au nom de leur réalisation. Pérenniser ses titres, d’accord, mais rentrer dans les annales avec délectation et plaisir, il n’y a rien de mieux. Lors de l’inauguration de sa vitrine à trophées pour son sponsor Rossignol, Martin Fourcade résumait la chose : « J’ai pas besoin de voir mes médailles ou mes globes dans mon salon […], j’ai pas besoin de les voir le soir quand je me couche pour  avoir envie d’en gagner d’autres, je suis avant tout attaché aux émotions que j’ai vécu, et ça, je crois que c’est en moi. » A ce rythme, des émotions, il en fera partager à beaucoup. Et pour longtemps.

039

Romain Laplanche

[1] 45mm pour le tir couché, 115 mm pour le tir debout.

[2] Pour chaque cible manquée, le biathlète est tenu de parcourir 150 mètres supplémentaires (ou de se voir infliger une minute de pénalité dans le cas de l’individuelle).

[3] http://www.francetvsport.fr/stade-2-numero-6-du-10112013-189599

[4] Östersund : 8 podiums dont 6 victoires.

Ruhpolding : 8 podiums dont 5 victoires, et triple champion du monde.

[5] http://www.espritglisse.com/actus/actualites-nordique/poiree-martin-c-est-le-meilleur-du-monde.html

[6] http://www.ski-biathlon.fr/martin-fourcade-impressionne-bouthiaux/

[7] http://www.canalplus.fr/c-sport/pid2708-c-interieur-sport.html?vid=421810

[8]http://www.leparisien.fr/jo-2010-vancouver/biathlon-depart-groupe-martin-fourcade-decroche-l-argent-21-02-2010-824253.php

[9] http://www.francetvsport.fr/martin-fourcade-dans-l-histoire-du-biathlon-145550

[10]http://www.eurosport.fr/biathlon/championnats-du-monde/2010-2011/fourcade-n-est-pas-poiree_sto2693588/story.shtml

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s